‹ ŒuvresChapitre 42 sur 70 · MAI I · texte numérisé non relu

MAI I

Sous l'air chaud du ciel qui s'embrase, A l'aspect des seigles flottants, Le bedeau, qui tombe en extase, Ouvre la bouche à deux battants.

Le gazouillis des demoiselles Répond au chant du sacristain Et les surplis battent des ailes Au souffle embaumé du matin.

Les pèlerins montent la côte, Où flottent les splendeurs de Mai ; Le saint, qu'on invoque à voix haute, Sourit sous son nimbe enflammé.

La procession marche, marche Et l'écho répète en latin Le nom de quelque patriarche...

Puis, tout se perd dans le lointain.

PAYSAGE

Au haut du peuplier tremblant, Dos métallique, ventre blanc, La pie apporte au nid et jase; Par la chaleur appesantis, Les grands bœufs rouges aux pâtis Ont l'air de fakirs en extase.

Au bord du bois le merle noir, Tout alangui, se laisse choir Sur un tas d'herbe qui frissonne.

Et, dans les touffes de gazon, Sous le souffle de la saison L'insecte s 'agile et bourdonne.

PAYSAGE 131

La vigne vierge au poil follet Sur le merisier violet Resserre le nœud de ses boucles, Et l'oronge au poison fatal, Sous son chapeau de cardinal, Fait miroiter ses escarboucles.

Deux amoureux, par le chemin, S'en vont en se tenant la main.

Le soleil luit sur leur visage; L'astre ne rend pas plus heureux Le gentil couple d'amoureux, Mais il dore le paysage.

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