SOUS LA COTE
C'est comme un nid fait dans les herbes. Du seuil de la vieille maison, À travers des arbres superbes, On voit miroiter l'horizon.
Du logis que le chaume couvre Sous la côte, à l'abri du vent, Tous les matins la porte s'ouvre En face du soleil levant.
Les premiers rayons qui paraissent Disent bonjour à la maison Et de leurs lèvres d'or caressent Les marguerites du gazon.
Petit herbage, étroit domaine, Enclos béni du Dieu vivant, La créature s'y promène Sous la côte, à l'abri du vent.
Une source coule et murmure Près de la haie, à fleur de sol; Un gros pommier, de sa ramure, Fait à la source un parasol.
Cherchant sa pâture avant l'aube Et troublant le petit flot clair, Un canard y lustre sa robe, Le ventre à l'eau, le dos à l'air.
L'oiseau du pays perche et couve A l'aise dans le gros pommier ; Ici l'hirondelle retrouve Son nid d'antan sous le larmier,
Des moucherons de toute espèce Et des insectes familiers,