‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 11 sur 175 · AUX AMES DÉVOTES · texte numérisé non relu

AUX AMES DÉVOTES

le plus net, le meilleur et le plus beau, dont bien fâche audit seigneur roi, qui n'y peut apporter remède1;

Que tous ces impôts, qu'on lève sur nous en tant de façons, vont dans leur poche et non pas dans celle du roi*; étant par eux seuls inventés, accrus, multipliés chaque jour à leur profit comme au dommage du roi non moins que des sujets8;

Que lesdits courtisans veulent manger Chambord et le royaume et nous, et le peuple et le roi devant lequel ils se prosternent, se disant dévoués à sa personne * ;

Que les princes sont bons, charitables, humains, secourables à tous et bien intentionnés 5; mais qu'ils vivent entourés d'une mauvaise valetaille6 qui les sépare de nous, et travaille sans cesse à corrompre eux et nous ;

Que c'est là un grand mal, et que, pour y remédier, il serait bon d'élever les princes au collège, loin desdits courtisans7, comme on voit à Paris le jeune duc de Chartres, enfant qui promet d'être quelque jour un homme de bien, et dont on espère beaucoup;

Que par ce moyen lesdits princes, instruits à l'égal de leurs sujets, élevés au milieu d'eux, parlant la même langue, s'entendraient avec eux contre lesdits gens de cour, et peut-être parviendraient à délivrer le monde de cette engeance perverse, détestable, maudite;

Qu'ainsi on ne verrait plus ni Saint-Barthélémy, ni frondes, ni dragonnades, ni révolutions, ni contre-révolutions 8, qui, après force coups et grand massacre de gens, tournent toutes au profit de la susdite valetaille ;

Qu'un tel amendement aux choses de ce monde, bien loin d'être impossible9, comme quelques-uns le croient, se fait

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