‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 3 sur 175 · LETTRE PREMIERE · texte numérisé non relu

LETTRE PREMIERE

Véretz, le 10 juillet 1849.

"Vous vous trompez, monsieur, vous avez tort de croire que mon placet imprimé ', dont vous faites mention dans une de vos feuilles, n'a produit nul effet. Ma plainte est écoulée. Sans doute, comme vous le dites, il est fâcheux pour moi que l'innocence de ma vie ne puisse assurer mon repos; mais c'est la faute des lois, non celle des ministres. Ils ont écrit à leurs agents comme je le pouvais désirer, et plût à Dieu qu'ils eussent écrit de même aux juges, quand j'avais des procès, et à l'Académie, quand j'étais candidat. Cela m'eût mieux valu que tous les droits du monde, pour avoir le fauteuil et pour garder mon bien. Il faut en convenir, de trois sortes de gens auxquels j'ai eu affaire depuis un certain temps, savants, juges, ministres, je n'ai pu vraiment faire entendre raison qu'à ceux-ci. J'ai trouvé les ministres incomparablement plus amis des belles-lettres que l'académie de ce nom, et plus justes que la justice. Ceci soit dit sans déroger à mes principes d'opposition.

Yous nous plaignez beaucoup, nous autres paysans, et vous avez raison, en ce sens que notre sort pourrait être meilleur. Nous dépendons d'un maire et d'un garde champêtre

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