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A Coiigliano, le 12 juin

ÉCRITES DE FRANCE ET d'iTALIE gS

de ces promenades, et pourquoi? ah! c'est cela qui vous ferait pitié. Une fois, de sept iiommes que j'avais pour escorte, trois furent tués avec quatre chevaux par les montagnards '. Nous avons perdu et perdons chaque jour, de cette manière, une infinité d'officiers et de petits détachements. Une autre fois, pour éviter pareille rencontre, je montai sur une petite barque, et, ayant forcé le patron à partir malgré le mauvais temps, je fus emporté en pleine mer. Nos manœuvres furent belles : nous fîmes des oraisons, nous promîmes des messes à la Vierge et à saint Janvier, tant qu'enfin me voilà encore.

Depuis, sur une autre barque je passai près d'une frégate anglaise qui m'ayant tiré quelques coups, tous mes rameurs se jetèrent à l'eau et se sauvèrent à terre. Je restai seul comme Ulysse, comparaison d'autant plus juste que ceci m'arriva dans le détroit de Charybde, à la vue d'une petite ville qui s'appelle encore Scylla, et où je ne sais quel dieu me fit aborder paisiblement. J'avais coupé avec mon sabre le cordage qui tenait ma petite voile latine, sans quoi j'eusse été submergé.

J'avais sauvé du pillage de mes pauvres nippes ce que j'appelais mon bréviaire : c'était une Iliade de l'Imprimerie royale, un tout petit volume que

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