DEUXIÈME PARTIE. — IV. clxiij
nière que le dit le concile , dans l'Eucharistie , sans une pénétration proprement dite des parties dont ce corps est composé.
« 39°. On assure que c'est une erreur, pour ne pas dire une hérésie formelle, que de nier que tout le corps de J.-C., tel qu'il est présentement dans le ciel, ne se trouve tout entier dans l'Eucharistie , sans exception d'aucune des parties de la matière dont ce sacré corps est composé , etc. , où il combat le fantôme de son imagination.
Après une supposition digne de lui, cependant, poursuitil , le dogme de la concomitance nous obligeant à croire qu'il y auroit alors sous ces petites espèces de vin plus de chair de J.-C. que de sang (c'est-à-dire à la pointe de l'aiguille sur laquelle il raisonne ) , etc. , on soutient au P. André que les explications des paroles de J.-C. et de la forme de la consécration que nous apportent les hérétiques sacramentaires, ne sont pas plus contraires au véritable sens de ces mêmes paroles que l'explication qu'il est obligé de leur donner *, supposé qu'il soit dans l'erreur qu'on attaque ici.
« 40°. D'ailleurs, comment expliquera-t-il le dogme de la concomitance? Quoi ! de l'aveu de tout catholique, sous les espèces du pain , où il n'y a que le corps vi verborum , le sang s'y trouve : que dis-je, le sang? l'âme et la divinité de J.-C. se trouvent par concomitance , et la millième partie du corps , qui y doit être vi verborum, ne s'y trouve pas en effet !
« 44 °. Il est merveilleux sur Y idem per omnia du concile de Constance, page 269. Il est hors de doute, dit-il , que J.-C. , avec un petit corps de la grandeur d'un ciron n'est pas idem per omnia Christus qui fuit in cruce passus, etc. Mais y songe-t-il, le bon censeur? Le corps de J.-C. , réduit par la pénétration proprement dite à la grandeur d'un ciron, est-il beaucoup davantage idem per omnia Christus), à
1 « Je n'embrasse aucune des explications que l'on donne. Je me tiens simplement au dogme décidé par le saint concile de Trente. »
rlxiv INTRODUCTION.
prendre ces termes dans la rigueur scolastique ? Il raisonne avec aussi peu de bon sens sur Y idem absolute.
« 42°. Il conclut ainsi : N'a-t-on donc pas droit de conclure sur les règles prescrites par l'Église catholique depuis près de trois siècles que les cartésiens sont hérétiques? Mais faut-il ici au P. André d'autre preuve que le sentiment universel de cette Église depuis que J.-C. Fa établie? Peut-on nier que la créance de cette Église n'ait toujours été depuis tant de siècles que le corps de J.-C. , tel qu'il souffrit sur la croix et qu'il est à présent glorieux dans le ciel , se trouve tout entier dans l'Eucharistie? Et si quelques philosophes hétérodoxes et très-ignorants en théologie ont depuis cinquante ans prétendu le contraire , ne doit-on pas regarder leur opinion comme une dangereuse erreur? C'est au P. André d'y penser; mais on est obligé , en conscience, de lui déclarer que , s'il refuse de faire tomber le profîteor me vera creclere sur tout cet article , tel qu'il est dans l'écrit latin , on ne peut se dispenser d'avertir les supérieurs qu'on le doit regarder comme hétérodoxe.
« Sur les formes substantielles, principalement dans les bêles.
« 43°. On a n:a jamais eu dessein d'exiger du P. André qu'il crût vrai ce qu'il faut absolument qu'il enseigne de l'existence et même de réduction de ces formes, au moins à l'égard des bêtes : celui qui a dressé l'écrit latin a toujours été persuadé et croit pouvoir démontrer que c'est à l'Université de Paris qu'on doit l'invention de ces sortes de substances étendues et matérielles sans être matière, corporelles sans être corps. Il pourrait même, en cas de nécessité, faire voir quels passages d'Aristote et des philosophes arabes, commentateurs d'Aristote , ont donné lieu à cette découverte faite par les docteurs de Paris, qui n'entendoient pas ces passages Cependant
« 44°. S'il avoit bien étudié la manière de défendre l'existence et réduction des formes substantielles, la chose ne lui