‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 140 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — VI. CCÎX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — VI. CCÎX

super omnia qui sit actus inchoatus saltem charitalis. «Voici, mon révérend père , la censure qu'on a portée au séminaire de Sées contre ces deux propositions dès le temps de l'examen de mes écoliers, et qu'on a depuis renouvelée dans un écrit, qu'un de mes censeurs m'adressa il y a quinze jours , en réponse à un extrait de ma doctrine sur l'attrition, que j'avois envoyé à Sées; voici, dis-je, cette censure en propres termes : « Ces deux propositions contiennent évidemment les a erreurs de Luther, de Jansénius et de Quesnel , et la con- « damnation s'en trouve visiblement dans le concile de « Trente. »

« L'auriez-vous cru, mon révérend père , qu'il se trouvât des gens assez téméraires pour censurer ainsi une pareille doctrine? c'est cependant ce qu'ont fait MM. Guilloré et Besnard, tous deux grands-vicaires, M. Hérouardet le P. de Captot, supérieur du séminaire. Cette censure a été ratifiée par les jésuites du séminaire et par nos pères de ce collège ; du moins ils me sont tous contraires. Ils ont envoyé au père provincial l'extrait de ma doctrine , dont j'ai parlé aussi bien qu'à nos théologiens de Paris. Je sais que ma doctrine y a aussi été censurée ; mais je n'ai encore pu savoir en quels termes ils l'ont censurée. Ainsi, le dedans est contre moi; au dehors , tout le monde approuve ma doctrine. Tous les ecclésiastiques de la ville , tous les pères capucins , tous les prêtres du diocèse, tous les séculiers, en un mot, tout le public est pour moi ; car cette affaire a déjà bien fait du bruit, et il y a apparence qu'elle en fera encore plus dans la suite ; car on m'a assuré qu'elle a été mandée de bien des endroits à Paris. J'ai fait tout mon possible pour empêcher cet éclat', en tachant de faire recevoir mes écoliers au séminaire. J'ai écrit pour cela jusqu'à trois fois à M. l'évêque, sans qu'il m'ait daigné faire réponse. J'ai écrit pareillement aux grands vicaires et au P. de Captot. J'ai justifié ma doctrine par une dissertation théologique , que je leur ai adressée ; mais tout cela a été inutile : on ne m'a point écouté. Notre père rec-

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