‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 38 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — I. lix · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — I. lix

tort que vous faites à ma réputation, qui est une chose si difficile à réparer, et si nécessaire dans l'emploi auquel j'espère me destiner avec. l'agrément de mes supérieurs ; 2°. les circonstances dans lesquelles vous m'ôtez d'ici, je veux dire pendant que vous en ôtez d'autres pour certaines choses qui ont fait bruit, et dont le soupçon pourra bien retomber sur moi par concomitance ; 3°. le tort que vous faites à mes études en me privant d'un des meilleurs moyens d'avancer dans les sciences, qui est la conversation des habiles gens que j'avpis l'honneur de voir à Paris; 4°. l'injustice et peutêtre l'ingratitude de ce procédé, après dix ou douze années du service le plus rude , sept années de régence et quatre années de chambre commune

« Voilà, mon révérend père, à peu près toutes mes raisons, et je me flatte qu'il n'y a que des esprits vendus à la prévention qui puissent ne s'y pas rendre ; mais par malheur pour moy, et plaise à Dieu que ce n'en soit pas un pour votre révérence , vous m'avez condamné sans m'avoir entendu ; de sorte que, quand même je serois coupable, j'aurois toujours droit de me plaindre. Mais, bien loin de l'être, mon révérend père, j'en atteste mon Dieu et mon juge, je maintiens que je n'ai point de sentiments en matière de foi qui ne soient entièrement conformes à l'Écriture , à la tradition , aux définitions des conciles généraux et aux décisions des papes généralement reçues , et qu'en matière même de philosophie j'embrasse toujours les opinions qui me paroissent les plus favorables à la religion catholique.

« C'est à votre révérence à juger maintenant si 5 en ce qui regarde mes pensées, je suis plus croyable que ces délateurs téméraires que je sais ne m'avoir accusé que sur des ouïdire ou sur des malentendus ; en tout cas, la chose est bien aisée à vérifier. Falloit-il donc, mon révérend père, flétrir, en matière de doctrine, un prestre, destiné apparemment à enseigner ou à prêcher, sur le seul témoignage de ses ennemis? Falloit-il au moins, je le répète encore, me condamner

Page 1