XX INTRODUCTION
joyo , ils seroient insupportables. On se figure en France une tout autre idée de l'Italie que ce n'est en effet. C'est un
pays plus vilain qu'il n'est beau
«Adieu," mon cher père, une autre fois davantage. Croyez-moi avec toute la sincérité possible votre, etc.
« Deschamps S. J. »
Il paraît que le P. Daubenton intervint en effet en faveur d'André , et , sans changer la résolution arrêtée de l'envoyer à la Flèche , obtint du moins qu'on l'y laisserait un peu tranquille. D'après le conseil du P. Deschamps , André s'empressa de remercier le P. Daubenton. Cet homme, qui se révoltait si fièrement contre l'injustice, s'adoucit tout à coup dès qu'il entend des paroles d'affection : il se résigne au mal que lui font ses ennemis et remercie avec tendresse du bien qu?on a voulu lui faire.
« Je prie Dieu, écrit-il au P. Daubenton, je prie Dieu, qui sonde les cœurs , de vous découvrir tout le mien et de vous faire sentir toute la douceur qu'il y a à obliger un homme reconnoissant. C'est un plaisir dont il se contente lui-même , et le seul fruit qu'il attend de ses bienfaits. Je le conjure par Jésus-Christ d'ajouter par ma reconnoissance autant de bien que vous m'en avez voulu faire et autant de plaisir que vous avez pris de peine pour me tirer de l'oppression. Il est vrai que j'aurois bien plus de satisfaction à m'acquitter moi-même de ce que je dois à votre révérence , mais l'état où elle est et l'état où je suis me rendent insolvable ; j'ai' recours à celui qui s'est chargé de payer les dettes des pauvres ; je le prie de répondre pour moi parce que je souffre violence. »
Le P. Daubenton envoya de Rome au P. André le billet suivant , plein de bonté et de sagesse.