‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 68 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — III. XCÎX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — III. XCÎX

sans patrimoine , sans asile , incapable de tout excepté de la prière et de l'étude. Cette lettre , écrite en latin , est un modèle à la fois d'humilité et de courage.

Comme une affaire aussi importante que celle de la démission d'un membre delà compagnie devait passer par le conseil provincial, André écrivit à un des membres de ce conseil , qui avait la réputation d'être plus éclairé et plus modéré que ses confrères , une lettre plus détaillée encore que la précédente , pour qu'elle fût mise sous les yeux du conseil. Il s'y explique catégoriquement sur les points de la doctrine de Malebranche qu'il est résolu de ne pas abandonner. Celui qui était alors le plus agité était l'origine des idées. Fidèles à Aristote , les jésuites mettaient dans les sens l'origine de toutes les idées. André , avec Descartes et Malebranche , soutenait la théorie platonicienne qui rapporte à la force de l'entendement toutes les idées générales , seules appelées du nom d'idées ; et ces idées ou vérités, que l'entendement humain conçoit mais qu'il ne fait pas , André , comme Platon et comme Malebranche, comme aussi Fénelon et Bossuet, les faisait remonter jusqu'à Dieu lui-même. Ainsi les jésuites , ces défenseurs si vigilants du catholicisme , étaient pour l'école empirique , et ils persécutaient André comme trop peu orthodoxe et trop peu catholique , parce que celui-ci tenait pour l'école idéaliste de Descartes et de Malebranche, c'est-à-dire pour l'école de Fénelon et de Bossuet , celle que plus tard défendit contre les péripatéticiens modernes Gassendi, Hobbes, Locke et Condillac, le cardinal Gerdil, avec les plus fidèles interprètes de la religion chrétienne. Jamais accusation d'hérésie anticatholique ne fut donc plus mal fondée que celle qu'on faisait alors au

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