DEUXIEME PARTIE. — Kl. Cl
certaines personnes qui ne sont pas aussi raisonnables que votre révérence sur le chapitre du P. Malebranche. »
Le P. André avait bien raison de penser que tout le monde ne serait pas aussi modéré que le P. Daviol. En effet la réponse qu'il attendait du général des jésuites , arriva dans l'année 1710, et il faut qu'elle ait été bien sévère et même bien dure , puisque le P. André épouvanté ne fait plus entendre qu'une voix suppliante. Plus d'un retour amer sur le passé* , plus d'une allusion courageuse à la conduite de ses adversaires , comparée à la sienne , est mêlée à la plainte du pauvre jésuite. Il rappelle ses services , son attachement à la société , ses disgrâces passées, et il attend en paix le dernier coup.
Cette lettre latine (du ïh octobre 1710), toucha le P. Tamburini lui-même ; car on voit dans une autre lettre latine du P. André qu'il remercie le révérend père général de s'être adouci à son égard , et lui-même s'excuse de la vivacité de ses plaintes. Loin de repousser la vigilance de ses supérieurs, il l'accepte, il l'invoque presque.
Grâce à cette entière soumission , André vécut plus tranquille à Hesdinpendantla fin de Fannée 1710. Il paraît même que son excellent caractère, sa douceur et son talent, tempéré par une plus grande prudence , lui firent trouver grâce auprès de ses supérieurs; car, en 1711 , il fut envoyé du très-petit collège d'Hesdin dans un collège plus important, celui d'Amiens1, où il resta très-peu de temps, et ensuite
1 C'est ce que prouvent les deux billets suivants : « Je prie votre révérence de me permettre d'emporter où elle m'envoye une Bible de Yitré et lroislivres.de mathématiques, les Éléments de géométrie et l'Analyse démontrée. Aadré: — Permis d'emporter les livres ci-dessus, à Amiens , le 6 août 1711. Lauyer. »