DUTERTRE J
De là à écrire contre Malebranche , et à suivre jusqu'au bout les propositions du P. Guymond il n'y avait plus qu'un pas : Dutertre le franchit rapidement. Il se mit à l'œuvre et il fit paraître, en 1715, un livre intitulé : Réfutation d'un nouveau système de métaphysique proposé par le P. M..,., auteur de la Recherche de la Vérité, Paris, chez Mazières, in-12, 3 vol. Nous n'avons à juger ni le système de Malebranche ni la réfutation du P. Dutertre. Le système de Malebranche était loin d'être irréprochable, et nous en avons nous-même plus d'une fois signalé les défauts1. Le plus grand, qui est commun à Malebranche et à tout son siècle , est de sacrifier un peu trop la liberté de l'homme à la toute-puissance de Dieu , et dans l'action et dans la connaissance; mais entre ce défaut et l'athéisme il y a un abîme. La théorie des idées , qui a des côtés admirables, en a aussi de défectueux, qu'Arnauld avait signalés bien avant les jésuites. Mais encore une fois , il ne s'agit point ici d'apprécier le mérite intrinsèque du livre du P. Dutertre ; nous voulons raon-
1 Voyez Y Histoire de la Philosophie au xvme siècle, t. I, onzième leçon , p. 427 de la nouvelle édition de 1841 , et le second article sur.la Correspondance inédite de Uaîran et de Malebranche (Journal des Savants*", décembre 1 842.