‹ Œuvres philosophiques d'ArnauldChapitre 118 sur 214 · Donc, si notre âme pense · texte numérisé non relu

Donc, si notre âme pense

Notre âme li'est point matière. Cesare.

4. Dojic, si quelque partie de Vhomme pense. Quelque partie de Vhomme n''est point matière. Festino.

5. Donc, si tout ce qui sent de la douleur pense , Nulle matière ne sent de la douleur. Camestres.

6. Donc, si toute matière est une substance. Quelque substance ne pense point. Feîapton.

7. Donc, si quelque matière est cause de plusieurs effets qui paraissent très merreilleuT,

Tout ce qui est cause d'elfels mcrceilleux ne pense pas. Ferison. Arxmjl», 13

De ces conditionnelles il n'y a que la cinquième qui enferme la majeure outre la conclusion : toutes les autres renferment la mineure.

Le plus grand usage de ces sortes de raisonnements est d'obliger celui à qui on veut persuader une chose, de reconnaître premièrement la bonté', d'une conséquence qu'il peut accorder, sans s'engager encore à rien, parce qu'on ne la lui propose que conditionnellement, et séparée de la vérité matérielle, pour parler ainsi, de ce qu'elle contient.

Et par là on le dispose à recevoir plus facilement la conclusion absolue qu'on en tire; ou en mettant l'antécédent pour mettre le conséquent; ou en ôtant le conséquent pour ôter l'antécédent.

Ainsi, un homme m'ayant avoué que, nulle matière ne pense, j'en conclurai : donc siV âme des hêtes pense, il faut qu'elle soit distincte de la matière.

Et comme il ne pourra me nier cette conclusion conditionnelle, j'en pourrai tirer l'une ou l'autre de ces deux conséquences absolues :

Or, Vâme des hêtes pense :

Donc elle est distincte de la mMièi'e.

ou bien au contraire : >

Or, Vâme des bêtes n'est pas distincte de la matière : Donc elle ne pense point.

On voit par là qu'il faut quatre propositions, afin que ces sortes de raisonnements soient achevés, et qu'ils établissent quelque chose absolument ; et néanmoins on ne doit pas les mettre au rang des syllogismes qu'on appeUe composés, parce que ces quatre propositions ne contiennent rien davantage dans le sens que ces trois 1 propositions d'un syllogisme commun :

Nulle matière ne pense :

Toute âme de bête est matière :

Donc nulle âme de bête ne pense.

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