CHAPITRE IIL
De la méthode de composition, et particulièrement de celle qu'observent les
géomètres.
Ce que nous avons dit dans le chapitre précédent nous a déjà donné quelque idée de la méthode de composition , qui est la plus importante , en ce que c'est celle dont on se sert pour expliquer toutes les sciences.
Cette méthode consiste principalement à commencer par les choses les plus générales et les plus simples, pour passer aux moins générales et plus composées. On évite par là les redites; puisque , si on traitait les espèces avant le genre , comme il est impossible de bien connaître une espèce sans en connaître le genre, il faudrait expliquer plusieurs fois la nature du genre dans l'explication de chaque espèce.
Il y a encore beaucoup de choses à observer pour rendre cette méthode parfaite et entièrement propre à la fin qu'elle doit se proposer, qui est de nous donner une connaissance claire et distincte de la vérité : mais, parce que les préceptes généraux sont plus difficiles à comprendre, quand ils sont séparés de toute matière, nous considérerons la méthode que suivent les géomètres comme étant celle qu'on a toujours jugée la plus propre pour persuader la vérité et en convaincre entièrement l'esprit ; et nous ferons voir premièrement ce qu'elle a de bon, et en second lieu ce qu'elle semble avoir de défectueux.
Les géomètres ayant pour but de n'avancer rien que de con-^ vaincant, ils ont cru pouvoir y arriver en observant trois choses en général.
La l''^ est de ne laisser aucune ambigiiité dans les termes, à quoi ils ont pourvu par les définitions des mots dont nous avons parlé dans la première partie.
La 2^ est de ri'établir leurs raisonnements que sur des principes clairs et évidents, et qui ne puissent être contestés par aucune per-