QUATRIÈME PARTIE
Et les deux dernières regardent l'ordre, et peuvent se rapporter à la quatrième partie.
Deux règles touchant les définitions.
1. Ne laisser aucun des termes un peu obscurs ou équivoques sans le définir.
2. N'employer dans les définitions que des termes parfaitement connus ou déjà expliqués.
Deux règles pour les axiomes.
.'LNedcmanderenaxiomesquedoschosesparfaitementévidentes.
4. Recevoir pour évident ce qui n'a besoin que d'un peu d'attention pour être reconnu véritable.
Deux règles pour les démonstrations.
5. Prouver toutes les propositions un peu obscures, en n'employant à leur preuve que les définitions qui auront précédé, et les axiomes qui auront été accordés, ouïes propositions qui auront déjà été démontrées.
0. N'abuser jamais de Téquivoquc des termes, en manquant de substituer mentalement les définitions qui les restreignent et qui les expliquent.
Deux règles pour la méthode.
7. Traiter les choses, autant qu'il se peut, dans leur ordre naturel, en commençant par les plus générales et les plus simples, et expliquant tout ce qui appartient à la nature du genre avant que de passer aux espèces particulières.
8. Diviser, autant qu'il se peut, chaque genre en toutes ses espèces, chaque tout en toutes ses parties, et chaque difhculté en tous ses cas.
J'ai ajouté à ces deux règles, autant qu'il se peut, parce qu'il est vrai qu'il arrive beaucoup do rencontres où on ne peut pas les observer à la rigueur, soit à cause des bornes de resi)rit humain, soit à cause de celles qu'on a été obligé de donner à chaque science.
Ce qui fait qu'on )' traite souvent d'une espèce, sans qu'on puisse y traiter tout ce qui appartient au genre; comme on traite du cercle dans la géométrie commune, sans rien dire en particulier de la ligne courbe qui en est le genre, qu'on se contente seulement de définir.
On ne peut pas aussi expliquer d'un genre tout ce qui pourrait s'en dire, parce que cela serait souvent trop long ; mais il suffit d'en dire tout ce qu'on veut en dire avant que de passer aux espèces.
Mais je crois qu'une science ne peut être traitée parfaitement, qu'on n'ait grand égard à ces deux dernières règles aussi bien qu'aux autres, et qu'on ne se résolve à ne s'en dispenser que par nécessité ou par une grande utilité.