AXIOMES
1. On ne doit recevoir pour vrai, quand on prétend savoir les choses par science, que ce que Ton conçoit clairement.
2. Rien ne nous doit faire douter de ce que nous savons avec une entière certitude, quelques difficultés qu'on nous puisse proposer contre.
3. C'est un visible renversement d'esprit de vouloir expliquer ce qui est clair et certain par des choses obscures et incertaines.
4. On doit rejeter comme imaginaires de certaines entités dont on n'a aucune idée claire, et qu'on voit bien qu'on n'a inventées que pour expliquer des choses qu'on s'imaginait ne pouvoir bien comprendre sans cela.
5. Et cela est encore plus indubitable quand on les peut fort bien expliquer sans ces entités inventées par les nouveaux philosophes.
C. Rien ne nous est plus certain que la connaissance que nous avons de ce qui se passe dans notre âme, quand nous nous arrêtons là. Il m'est très certain, par exemple, que je conçois des corps quand je crois concevoir des corps, quoiqu'il puisse n'être pas certain que les corps que je conçois, ou soient véritablement, ou soient tels que je les conçois.
7. II est certain, ou par la raison, en supposant que Dieu ne saurait être trompeur, ou au moins par la foi, que j'ai un corps, et que la terre, le soleil, la lune, et beaucoupd'autres corps que je connais comme existants hors de mon esprit, existent véritablement hors de mon esprit.
8. La conséquence est nécessaire de l'acte au pouvoir, c'est-àdire, qu'il est certain que qui fait une chose (prenant largement le mot de faire selon la onzième définition) a le pouvoir de la faire, et par conséquent que l'on doit dire qu'il a cette faculté selon la " douzième définition.