DEUXIÈME PARTIE
Sperat înfaustis, metuit secundis Altérant sorlenif benè prœparatum reclus ^,
Un esprit bien fait espère une bonne fortune dans la mauvaise, et en craint une mauvaise dans la bonne.
^^ Quand elles ont plusieurs sujets et plusieurs attributs.
iV'on domus et fundus, non œris acervus et auri, JEgroto domini deduxit corpore febres^ Non artimo curas **.
Ni les maisons, ni les terres, ni les plus grands amas d'or et d'urgent ne peuvent ni chasser la fièvre du corps de celui qui les possède, ni délivrer son esprit d'inquiétude et de chagrin.
La vérité de ces propositions dépend de la vérité de toutes les deux parties; ainsi, si je dis, la foi et la bonne vie sont nécessaires au salut, cela est vrai, parce que l'une et l'autre y est nécessaire; mais si je disais, la bonne vie et les richesses sont nécessaires au salut, cette proposition serait fausse, quoique la bonne vie y soit nécessaire, parce que les richesses n'y sont pas nécessaires.
Les propositions qui sont considérées comme négatives et contradictoires à l'égard des copulatives, et de toutes les autres composées, ne sont pas toutes celles où il se rencontre des négations, mais seulement celles où la négation tombe sur la conjonction ; ce qui se fait en diverses manières , comme en mettant le 7iom à la tête de la proposition, non enim amas, et deseris, dit saint Augustin ; c'est-à-dire, il ne faut pas croire que vous aimiez une personne et que vous l'abandonniez.
Car c'est encore en cette manière qu'on rend une proposition contradictoire à la copulative, en niant expressément la conjonction; comme lorsqu'on dit qu'il ne peut pas se faire qu'une chose soit en mémo temps cela et cela :
Qu'on ne peut pas être amoureux et sage,
Amare cl sapcre, vix Deo conceditur:
Que l'amour et la majesté ne s'accordent point ensemble.
Non bcnè conveniunt, nec in unâ sede morantur Mojestas et amor.