DEUXIÈME PARTIE
malheureux et être né sous une telle constellation, qu'il ne laisserait pas d'être faux qu'il ait été malheureux pour être né sous cette constellation.
C'est pourquoi c'est en cela proprement que consistent les contradictoires de ces propositions, quand on nie qu'une soit cause de l'autre : Non ideo infelix, quia sub hoc natus sidère.
Les relatives sont celles qui renferment quelque comparaison et quelque rapport :
Où est le trésor, là est le cœur.
Telle est la vie, telle est la mort.
Tanti es, quantum habeas , On est estimé dans le monde à proportion de son bien.
La vérité dépend de la justesse du rapport, et on les contredit en niant le rapport.
Il n'est pas vrai que telle est la vie, telle est la mort. Il n'est pas vrai que l'on soit estimé dans le monde à proportion de son bien.
DES DISCRÉTIVES.
Ce sont celles où l'on fait des jugements différents, en marquant cette différence par les particules sed, mais, tamen, néanmoins, ou autres semblables exprimées ou sous-entendues.
Fortuna opes auferre, non animum potest. La fortune peut ôter le bien, mais elle ne peut ôter le cœur.
Et mihi res, non me rébus submittere couor''"^. Je tâche de me mettre au-dessus des choses, et non pas d'y être asservi.
Cœlum, non animum mutant qui trans mare currunt. Ceux qui passent les mers ne changent que de pays, et non pas d'esprit.
La vérité de coite sorte de ]>roposition dépend de la vérité de toutes les deux parties et de la séparation qu'on y met; car quoique les deux parties fussent vraies, une proposition (ie cette sorte serait ridicule, s'il n'y avait i)uuit entre elles d'opposition, comme si je disais :
Judas était un larron, et néanmoins il ne put souffrir que Marie rvpandit ses parfums sur Jésls-Christ.
Il peut y avoir plusieurs contradictoires d'une proposition de cette sorte, comme si on disait :
Ce n'est pas des richesses, mais de la science que dépend le bonheur.
On peut contredire cette proposition en toutes ces manières :
Le bonheur dépend des richesses, et non pas de la science. Le bonheur ne dépend ni des richesses, ni de la science. Le bonheur dépend des richesses et de la science.
Ainsi l'on voit que les copulatives sont contradictoires des discrétives ; car ces deux dernières propositions sont copulatives.