‹ Œuvres philosophiques de Antoine ArnauldChapitre 40 sur 172 · DEUXIÈME DÉMONSTRATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME DÉMONSTRATION

Ce n'est pas philosopher avec justesse , en traitant d'une matière importante, que de prendre d'abord pour un principe général, dont on fait dépendre tout ce que l'on dit dans la suite , ce qui non-seulement n'est pas clair, mais ce qui est tout contraire à ce qui nous est si clair et si évident qu'il nous est impossible d'en douter.

Or, c'est ce c[u'a fait l'auteur de la Recherche de la Vérité, dans son traité de la Xatiire des Idées.

On ne peut donc philosopher avec moins de justesse qu'il a fait dans cette matière , ni d'une manière plus opposée à celle qu'il a suivie dans presque toutes les autres.

Il n'y a que la mineure à prouver.

Ce qu'il a supposé d'abord , comme un principe clair et indubitable, est que notre esprit ne pouvait connaître que les objets qui sont présents à notre àme. Et c'est ce qui lui fait dire : « Nous voyons le soleil , les étoiles et une infinité d'ob- « jets hors de nous ; et il n'est pas vraisemblable que l'àme « sorte du corps, et qu'elle aille, pour ainsi dire, se promener « dans les cieux pour y contempler tous ces objets. Elle ne « les voit donc point par eux-momos. et l'objet immédiat de

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