TROISIÈME PARTIE
élément, peDdant que celles-ci suivent le cours du tourbillon qui les emporte autour de son essieu , on conçoit aisément que les trois canaux qui sont en la superficie de diacune doivent être tournés à vis ou comme une coquille, et que ces trois canaux sont plus ou moins tournés, selon qu'elles passent par des endroits qui sont plus ou moins éloignés de cet essieu, à cause que les parties do second élément tournent plus vite aux endroits qui en sont plus éloignés qu'aux autres qui en sont plus proches.
M. QQ'eotre ces parties cannelôes , cdles qui Tiennent (fan pôle sont UMU autrement tonmées que celles qui Tiennent deraulie.
Et parce qu'elles viennent vers le milieu du ciel de deux cAtés qui sont opposés l'un à l'autre, à savoir les unes du pAle austral et les autres du leptentrîonal, pendant que tout le ciel tourne en en même sens sur son essieu, il est manifeste que celles qui viennent du pèle austral doivent être tournées en coquille d'un autre sens que celles qui vienoent do septentrional ; et cette particularité me semble fort remarquable, à cause que c'est prindpalement d'elle que dépend Ja force OQ la veita de l'aimant, laquelle j'expUqaerai ciaprès.
SI QaH oTj a que trois canaux en la superficie de chaame.
Mais afin qu'on ne croie pas que j'assure sans raison que ces parties du premier élément n'ont que trois canaux en leur superficie, nonobstant que les parties du second ne se touchent pas toujours de telle sorte que les intervalles qu'elles laissent entre elles aient la figure d'un triangle, OD peot TOir ici que les autres figures qu'ont les îDtervalles qui se trouvent entre ces parties du fécond élément ont toujours leurs angles entièrement égaux à ceux du triangle F6I; et qu'au reste elles se remuent incessamment , ce qui fait que les parties cannelées qui passent par ces intervalles y doivent prendre la figure que j'ai demie. Par exemple, les quatre boules ABCH*, qui se touchent aux points KLGE, laissent au milieu d'elles un espace qui a quatre angles, chacun desquels est égal à chaque angle du triangle FGI; et parce que ces petites boules, en se remuant, diangent sans cesse la figure de cet espace, eo sorte que tantdt il est carré, tantAt plus long qœ large, et qu'il est aussi quelquefois divisé en deux autres espaces qui ont chacun la %ure d'un triangle, cela fait que la matière du premier élément la moins agitée qui se trouve là est contrainte de se retirer vers un ou deux de ces an-
(ti Vuiez figure u.
gles, et de quitter ce qui reste de place à la matière la plus agitée, laquelle peut changer à tous moments de figure pour s'accommoder i tous les mouvements de ces petites boules. Et si par hasard il y a quelque partie de cette matière du premier élément, ainsi retirée vers l'un de ces angles, qui s'étende vers l'endroit opposé à cet angle au-delà d'un espace égal au triangle FGI, elle sera heurtée et divisée par la rencontre de la troisième boule lorsqu'elle s'avancera pour toucher les deux autres qui font l'angle où cette matière s'est retirée. Par exemple, si la matière qui n'est pas la plus agitée, après s'être retirée eu l'angle G, s'étend vers B, plus loin que la ligne FI, la boule G, en roulant vers B, la chassera hors de cet angle, ou bien en retranchera ce qui l'enpèche de fermer le triangle FGI. Et parce que les parties du premier élément qui sont les moins petites et les moins agitées doivent fort souvent, pendant qu'elles passent çà et là dans les deux, se trouver entre trois boules qui s'avancent ainsi pour s'entre-toucher, il ne semble pas qu'elles puissent avoir aucune figure déterminée qui demeure en elles pendant quelque temps, excepté celle que je viens de décrire.
SB. Qu'entre les parties cannelées et les pitks peUtes du premier élément U y eo a tTooe iofloité de ditenes snmdeurs.
Or encore que ces parties cannelées soient Ibrt différentes des plus petites parties du premier élément, je ne laisse pas de les comprendre sous ce nom du premier élément, pendant ^qu'elles sont autour des parties du second, tant à cause que je ne remarque point qu'elles y produisent aucuns effets différents, comme aussi à cause que je juge qu'entre ces parties cannelées et les plus petites il y en a de moyennes d'une infinité de diverses grandeurs, ainsi qu'il ^t ais£ à prouver par la diversité des lieux par où elles passent et qu'elles remplissent.
94. COffimenteOes produisent des taches sur le solett ou sur les étoiles.
Mais lorsque la matière du premier élément compose le corps du soleil ou de quelque étoile , tout ce qu'il y a en elle de plus subtil n'étant point détourné par la rencontre des parties du second élément s'accorde à se mouvoir tout ensemble fort vite ; ce qui fait que les parties cannelées et plusieurs autres un peu moins grosses, qui, à cause de l'irrégularité de leurs figures, ne peuvent recevoir un mouvement si prompt, sont rejetées par les plus subtiles hors de l'astre qu'elles composent, et, s'attachant facilement les unes aux autres, elles nagent sur sa superfkio,
LES PRINCIPES DE LÀ PHILOSOPHIE
où, perdant la forme du premier élément, elles acquièrent celle du troisième ; et lorsqu'elles y sont en Ibrt grande quantité, elles y empêchent l'action de sa lumière, et ainsi composent des taches semblables à celles qu'on a observées $ur le soleil : ce qui se fait en même Ihçon et pour la même raison qu'il sort ordinairement de l'écume hors des liqueurs qu'on fait bouillir sur le lëu lorsqu'elles ne sont pas pures et qu^elles ont des parties qui , ne poutant être agitées par Tactlon du feu si fort que les autres, &'en séparent, et, B^attachant fliclleinent ensemble, composant cette écume.
M.QiièQB til la
Ensuite de quoi tl est aisé & entendre pourquoi ces taches ont coutume de parottre sur le soleil vers son écllptlque plutêt que vers ses pAles, et pourquoi elles ont des figures fort trrégutières et changeantes, et enfin pourquoi elles se meuyent en rond autour de lui, non pas peut-être si Ylte que la matière qui le compose, mais aii moins conjointement avec celle du ciel qui Tcfnvlronne, ainsi que l'on volt que l'écume qui nage sur quelque liqueur suit aussi son cours et reçoit cependant plusieurs diverses figures.
96. GommcDt eUes sont détniUes, et comment U s*eo fvodoit de iiouveUes.
Et comme il y a beaucoup de liqueurs qui, en continuant de bouillir, dissipent l'écume qu'elles ont auparavant produite, ainsi doit-on penser que les taches qui sont sur la superficie du soleil s'y détruisent avec la même facilité qu'elles s'y en-< gendrent ; car ce n'est pas de toute la matière qui ^t dans le soleil, mais seulement de celle qui est nouvellefflent entrée qu'elles se composent. Et pendant que les moins subtiles parties de cette Bouvelle matière s'en séparent, et, s'attacbant les unes aux autres, fontcontinueilementdenouvelles taches ou augmentent celles qui sont déjà faites, l'autre matière qui a élé plus longtemps dans le soleil, où elle s'est entièrement purifiée et subtilisée, y tourne avec tant de violence qu'elle emporte sans cesse avec soi quelque partie des taches qui sont en sa superficie, et ainsi en défait ou en dissout à peu près autant quil s'en produit de nouvelles. Et Texpérience fait voir que toute la superficie du soleil, excepté celle qui est vers ses pèles, est ordinairement couverte de la matière qui compose ces taches, bien qu'on ne lu! donne proprement le nom de taches qu^aux endroits où elle est si épaisse qu'elle obscurcit notablement la lumière qui vient do lui vers nos yeux.
97. n*o(i vient que leurs extrémités paroisaent qoelquefoli pdniM des mêmes oocdêurs que Farc-es^el.
Or, Il peut aisément arriver, lorsque ces taches sont assez épaisses et serrées, que la matière du soleil qui les dissout peu à peu en coulant sous elles les diminue davantage en leur ctrconlérence qu'au milieu, et que par ce moyen leurs extrémités deviennent transparentes et moins épaisses vers la circonférence que vers le milieu, ce qui h\t que la lumière qui passe an travers y souffre réfiraction ; d'où il suit que ces extrémités doivent alors paroitre peintes des couleurs de l'arc-en-del, pour les raisons que j'ai expliquées ao huitième discours des météores, en parlant d'un prisme ou triangle de cristal, et on a souvent observé de telles couleurs en ces taches.
9S« Omtenom m tadM» se ehaiiteiit «» tsam^ ou m €<»• trairo les flammes en tacbes.
Il peut souvent aussi arriver que la matière du soleil rend leurs extrémités si minces en passant sous elles qu'elle peut enfin passer aussi au dessus et les enionoer sous soi \ au moyen de quoi, se trouvant engagée entre elles et la superficie du ciel qui est tout prochoi elle est contrainte de so mouvoir plus vite qu'à l'ordinaire : ainsi que les rivières sont plus rapides aux endroits où leur Ht étant fort étroit, il se trouve encore des bancs de sable qui s'élèvent presque à fleur d'eau, qu'en ceux où il est plus large et plus profond. £t de ce qu'elle se meut plus vite, il est évident que la lumière y doit paroître plus vive qu'aux autres endroits de la superficie du soleil : ce qui s'accorde fort bien avec l'expérience , car on observe souvent de petites flammes qui succèdent aux taches qu'on avoit auparavant observées ; mais on observe aussi quelquefois, au contraire, qu'il revient des taches aux endroits où ces petites flammes ont paru, ce qui arrive lorsque les taches qui avoient précédé ces flammes n'étant enfoncées que d'^n c6té dans la matière du soleil, la nouvelle matière des taches qu'il rejette continuellement hors de soi s'arrête et s'accumule contre elles de l'autre oété.