TROISIÈME PARTIE
139. Pourquoi les étoiles fixes et les planètes ne parobsent point atec de telles queues.
Od peut seulement proposer encore une difficulté, savoir pourquoi il ne paroît point de cbe- Telure autour des étoiles fiies, ni aussi autour des plus hautes planètes, Saturne et Jupiter, en même façon qu'autour des comètes ; mais il est aisé d*y répondre. Premièrement, à cause que, même autour des comètes, cette chevelure n'a point coutume d*étre vue lorsque leur diamètre apparent n*esC pas plus grand que celui des étoiles Aies, à cause que les rayons qui la forment n*ont point alors assez de force. Puis, en particulier, touchant les étoiles fixes, il faut remarquer que, d^autant qu'elles ont leur lumière en elles-ménfes et ne rempruntent point du soleil, s'il paroissoit quelque chevelure autour d'elles, il faudroit qu'elle y fût également éparse de tous cAtés, et pat conséquent aussi fort courte, ainsi qu'aux comètes qu'on nomme roses; mais on voit véritablement one telle chevelure autour d'elles, car leur figure D*est point limitée par aucune ligne qui soit uniforme, et on les voit environnées de rayons de tous oStés ; et peut-être aussi que cela est la causé qui fou que leur lumière est si étincelante ou trem* Mante, bien qu*on en puisse encore donner d'autres raisons. Enfin, pour ce qui est de Jupiter et de Saturne, je ne doute point qu'ils ne paroissent aussi quelquefois avec une telle chevelure, aux pays où l'air est fort clair et fort pur; et je me souviens fort bien d'avoir lu quelque part que cda a été autrefois observé, bien que je ne me souvienne point du nom de l'auteur. Outre que ce que dit Aristote au premier des Météores, chap. yi, que les Egyptiens ont quelquefois aperçu de telles chevelures autour des étoiles, doit, je crois, plutAt être entendu de ces planètes que non pas des étoiles fixes ; et quant à ce qu'il dit avoir vu lui-mAme une chevelure autour de l'une des étoiles qui sont en la cuisse du chien, cela doit être arrivé par quelque réfraction extraordinaire qui se faisoit en l'air, ou plutôt par quelque indisposition qui étoiten ses yeux, car il ajoute que eme chevelure paroissoit d'autant moins qu'il la regardoit plus fixement.
MO. Gomment les planètes ont pu commencer à se moo- ▼oir.
Après avoir ainsi examiné tout ce qui appartient aux comètes, nous pouvons considérer en Dême façon les planètes, et supposer que l'astre N est motos solide ou bien a moins de force pour continuer son mouvement en ligne droite que les parties du second élément qui sont vers lacirconfiér^hoede sotr^ ciel, mais qu'il en aquelque peu
plus que celles qui sont proches du centre où est le soleil ; d'où il suit que sitôt qu'il est emporté par le cours de ce ciel, il doit continuellement descendre vers son centre, jusques à ce qu'il soit parvenu au lieu où sont celles de ses parties qui n'ont ni plus ni moins de force que lui à persévérer en leur mouvement ; et que, lorsqu'il est descendu jusque-là, il ne doit pas s'approcher ni se reculer du soleil, sinon en tant qu'il est poussô quelque peu çà ou là par d'autres causes, mais seulement tourner en rond autour de lui avec ces parties du ciel qui lui sont égales en force, et ainsi que cet astre est une planète ; car s'il descendoit plus bas vers le soleil, il s'y trouveroit environné de parties du ciel un peu plus petites, et qui, par conséquent, lui céderoient tu force, mats qui, étant aussi plus agitées que lui, augmenteroient son agitation et ensemble sa force, laquelle le ferolt aussitôt remonter ; et, au contraire, s'il alloit plus haut, il y rencontrerolt des parties du ciel un peu moins agitées, au moyen de quoi elles diminueroient son mouvement; et un peu plus grosses, au moyen de quoi elles aurolent la force de le repousser vers le soleil.
141. Quelles sont les diverses causes qui détournent le mou* Tement des planètes.
LapremlèreL
Les autres causes qui peuvent quelque peu détourner çà ou là cette planète sont, première^ ment, que l'espace dans lequel elle tourne avee toute la matière du premier ciel n'est pas exactement rond ; car il est nécessaire qu'aux lieux où cet espace est plus ample la matière du ciel se meuve plus lentement, et donne moyen à cette planète de s'éloigner un peu plus du soleil qu'aux lieux où il est plus étroit.
14t. La seconde.
Et, en second lieu, que la matière du premier élément coulant, sans cesse de quelques-uns des tourbillons voisins vers le centre de celui que nous nommons notre ciel, et retournant de là vers queir ques autres, pousse diversement cette planète se* Ion les divers endroits où elle se trouve.