‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 199 sur 306 · D'Où Tient que reau-de-vie brûle facilement · texte numérisé non relu

D'Où Tient que reau-de-vie brûle facilement

J'ajoute qu'elles doivent être jointes en telle sorte que le feu les puisse séparer les unes des autres, et aussi des parties du second élément qui sont proches d'elles. Et afin qu'elles puissent être séparées les unes des autres, ou bien elles doivent être si petites et si peu jointes ensemble qu'encore que la flamme ne touche que la superficie du corps qu'elles composent, son action suffise pour les tirer de cette superficie Tune après l'autre : et c'est ainsi que brûle Teau-de-vie. Mais le linge est composé de parties trop grosses et trop bien jointes pour être séparées en même iaçon ; ou bien il doit y avoir plusieurs pores en ce corps qui soient assez grands pour recevoir les parties de la flamme, afin que les parties de la flamme coulant autour des siennes aient plus de force i les séparer ; et parce qu'il y a quantité de tels pores dans le linge, de là vient qu'il peut aisément être brûlé, même par la flamme de l'eaude- vie, lorsqu'il n'est point du tout mouillé ; mais lorsqu'il est mouillé, encore que ce ne soit que d'eau-de-vie, les parties de cette eau qui ne sont point enflammées remplissent ses pores, et ainsi empêchent celles de la flamme qui est au-dessus d'y entrer. De plus, afin que les parties du corps qui sert à entretenir le feu puissent être séparées du second élément qui les environne, ou bien elles doivent être assez fermement jointes les unes aux autres, en sorte que les parties du se* cond élément restant moins qu'elles à la flamme en soient chassées les premières, et cette condi* tion se trouve en tous les corps durs qui peuvent brûler, ou bien si les parties du corps qui brûle sont si petites et si peu jointes ensemble qu'encore que la flamme ne touche que la superficie de ce corps elle ait la force de les séparer, il est besoin qu'elles aient plusieurs petites branches si déliées et si proches les unes des autres qu'il n'y ait que

LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE

le wol premier élément qui puisse remplir les petits intervalles qui sont autour d'elles. Et parce que l'eau-de-vie brûle fort aisément, il est à croire que ses parties ont de telles branches, mais qui sont fort courtes ; car si ces branches étoient un peu longues, elles se lierotent les unes aux autres, et ainsi composeroient de Thuile.

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