PREMIÈRE PARTIE
des esprits, les peut porter parles artères en tons Jes membres ; et nous souvenant de ce qui a été dit ci-dessus de la machine de notre corps, à sa- TOir que les petits filets de nos nerfe sont tellement distribués en toutes ses parties qu'à Toocasloii des divers mouvements qui y sont excités par les objets sensibles ils ouvrent diversement les pores du cerveau, ce qui fait que les esprits animtax contenus en ces cavités entrent diversement dans les muscles, au moyen de quoi Ils peuvent mouvoir les membres en toutes les diverses fa- {ODS qu'ils sont capables d'être mus, et aussi que toutes les autres causes qui peuvent diversement mouvoir les esprits suffisent pour les conduire en diren muscles, ajoutons ici que la petite glande qui est le principal siège de Tâme est tellement lospendae entre les cavités qui contiennent ces esprits qu'i^le peut être mue par eux en autant de diverses &çons qu'il y a de diversités sensibles dans les objets; mais qu*eUe peut aussi être diversement nauc par Tâme, laquelle est de telle oatore qu'elle reçoit autant de diverses impressloos en elle, G'est4-dlre qu'elle a autant de diverses perceptions qu'il arrive de divers mouvements en cette glande; comme aussi réciproquement la machine du corps est tellement composée que, de cela seul que cette glande est diversement mue par Time ou par telle autre cause que ce puisse être, elle pousse les esprits qui l'environneat vers les pores du cerveau qui les conduisent ptr les nerfs dans les musdes, au moyen de quoi elle leur fait mouvoir les membres.
AanCLB XXXT.
Euaple de la ftiçoo que les ImpreadoiM des objets s*iinls8eot en la glaode qui est au milea du cerveau.
Ahtti, par exemple^ si nous voyons quelque anlnal venir yen nous, la lumière réfléchie de son oorps en peint deux images, une en chacun de DOS yeux, et ces deux images en forment deux lutres, par l*entremise des nerfs optiques, dans la superficie intérieure du cerveau qui regarde ses cavités ; puis de là, par l'entremise des esprili dont ses cavités sont remplies, ces images rayonnent en telle sorte vers la petite glande que ces esprits environnent, que le mouvement qui compose chaque point de l'une des images tend vers le même point de la glande vers lequel tend ie mouvement qui forme le point de l'autre image, laquelle représente la même partie de cet animal ; au moyen de quoi les deux images qui sont dans le cerveau n'en composent qu'une seule sur la glande, qui, agissant immédiatement contre l'âme, lui fait voir la %are 4e cet animal.
ABTICLB XXXVT.
Bxemplfl de la façon que les passions sont exdléea w rdme.
Et, outre cela, si cette figure est fort étrange et fort effroyable, c'est-à-dire si elle a beaucoup de rapport avec les choses qui ont été auparavant nuisibles au corps, cela excite en l'âme la passion de la crainte, et ensuite celle de la hardiesse, on bien celle de la peur et de l'épouvante, selon le divers tempérament du corps ou la force de l'âme, et selon qu'on s'est auparavant garanti par la dé^ fense ou par la fuite contre les choses nuisibles auxquelles l'impression présente a du rapport; car cela rend le cerveau tellement disposé en quel-' ques hommes que les esprits réfléchis de l'Image ainsi formée sur la glande vont de là se rendre partie dans les nerfs qui servent à tourner le dos et remuer les jambes pour s'enfuir, et partie en ceux qui élargissent ou étrécissent tdlement les orifices du cœur, ou bien qui agitent tellement les autres parties d'où le sang lui est envoyé, que ce sang y étant raréfié d'autre façon que de coutnme, il envoie des esprits au cerveau qui sont propres à entretenir et fortifier la passion de la peur, c'est-à-dire qui sont propres à tenhr ouverts ou bien à ouvrir derechef les pores du cerveau qui les conduisent dans les mêmes nerfc ; car de oda seul que ces esprits entrent en ces pores, ils excitent unmouvement particulier en cetteglande, lequel est institué de la nature pour faire sentir à rame cette passion ; et pource que ces pores se rapportent principalement aux petits neris qui servent à resserrer ou élai^gir les orifices du cœur» cela fait que l'âme la sent principalement comme dans le cœur.
ARTICLE XXXTII,
Comme U paroit qu'elles sont toutes causées par moutemeot des esprits.
Et pource que le semblable arrive en toutes les autres passions, à savoir qu*elles sont principalement causées par les esprits qui sont contenus dans les cavités du cerveau, en tant qu'ils prennent leur cours vers les nerfs qui servent à éiar gir ou étrécir les orifices du cœur, ou à pousser diversement vers lui le sang qui est dans les autres parties, ou, en quelque autre façon que ce soit, à entretenir la même passion, on peut clairement entendre de ceci pourquoi j'ai mis ci-dessus en leur définition qu'elles sont causées par quelque mouvement particulier des esprits.
LES PASSIQNI DE L'AME
AltTICU 9UPLVII1.
Exemple de» mouTements du corps qui accompagoeot les passions et ne dépendeot point de TAme.
Au reste, en même façon que le cours que prennent ces esprits vers les nerfs du cœur suffit pour donner le mouvement à la glande par lequel 1^ peur est mise dans Tâme, ainsi aussi, par cela seul que quelques esprits vont en même temps vers les nerfs qui servent à remuer |es jambes pour fuir, ils causent un autre mouvement en la même glande par le moyen duquel Tâme sent et aperçoit cette fuite, laquelle peut en cette façon être excitée dans le corps par la seule disposition des organes et sans que Tâme y contribue.