‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 234 sur 306 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

déji éfé dit ci-dessus, encore que chaque moufemeot de la glande semble avoir été joint par la oatore à chacune de nos pensées dès le commeneemeotde notre vie, on les peut touteibis joindre i d*autres par habitude, ainsi que Texpérience &itvoir aux paroles qui excitent des mouyements en la glande, lesquels, selon rinstitution de la nature, ne représentent %. rame que leur son lorsqu'elles sont proférées de la voix, ou la figure de leurs lettres lorsqu'elles sont écrites, et qui Déanmoins, par l'habitude qu'on a acquise en pensant à ce qu^elles signifient lorsqu'on a oii! lear son ou bien qu'on a tu leurs lettres, ont ooatume de faire conceyoir cette signification plutôt qoe* la figure de leurs lettres ou bien le son de leurs syllabes. 11 est utile aussi de savoir qu'encore que les mouvements, tant de la glande que des esprits du cerveau , qui représentent à rame certains objets, soient naturellement joints atec ceux qui excitent en elle certaines passions. Os peuvent toutefois par habitude en être séparés ^joints à d'autres fort différents, et même que cette habitude peut être acquise par une seule action et ne requiert point un long usage. Ainsi, lorsqu'on rencontre inopinément quelque chose de fort sale en une viande qu'on mange avec appétit, la surprise de cette rencontre peut tellenent changer la disposition du cerveau qu'on ne poun plus voir par après de telle viande qu'a-

vec horreur, au lieu qu*on la mangeolt aupara-' vaut avec plaisir. Et on peut remarquer la même chose dans les bétes ; car encore qu'elles n'aient point de raison, ni peut-être aussi aucune pensée, tous les mouvements des esprits et de b glande, qui excitent en nous les passions, ne laissent pas d'être en elles et d'y servir i entre* tenir et fortifier, et non pas comme en nous les passions, mais les mouvements des nerfs et des muscles, qui ont coutume de les accompagner* Ainsi lorsqu'un chien volt une perdrix, il est naturellement porté à courir vers elle, et lorsqu'il oit tirer un fusil, ce bruit Tindte naturellement à s'enfuir ; mais néanmoins on dresse ordinaire* ment les chiens couchants en telle sorte que b vue d'une perdrix fait qu'ils s'arrêtent, et que 1« bruit qu'ils oient après, lorsqu'on tire sur elle» fait qu'ils y accourent. Or ces choses sont utiles i savoir pour donner le courage à un chacun d'étudier à regarder ses passions; car puisqu'oo peut, avec un peu d'industrie, changer les mouvements du cerveau dans les animaux dépourvu de raison, il est évident qu'on le peut encore mieux dans les hommes , et que ceux même qui ont les plus foibles âmes pourroient acquérir un empire très absolu sur toutes leurs passions si on employoit assez d'industrie à les dresser et à les. conduire.

SECONDE PARTIE

DD NOMBRE ET DE L'ORDRE DES PASSIONS, ET L*EXPLI€ATION DES SIX PRIMITIVES.

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