‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 34 sur 306 · CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CINQUIÈME

toutes choses dépendent de lui, et qnll n'est point trompeur, et qu'ensuite de cela j'ai jugé que tout ce que je conçois clairement et distinctement ne peut manquer d'être vrai ; encore que je ne pensa plus aux raisons pour lesquelles j'ai jugé cela être véritable, pourvu seulement que je me reSBonvienne de l'avoir clairement et distinctement compris, on ne me peut apporter aucune raiioD contraire qui me le fasse jamais révoquer en doute ; et ainsi j'en ai une vraie etcertaine science. Et cette même science s'étend aussi à toutes les autres choses que je me ressouviens d'avoir antrefoii démontrées, comme aux vérités de la géométri», et autres semblables; car qu'est-ce que l'on me peut objecter pour m'obliger A les révoquer en doute? sera-ce que ma nature est telle que je sais fort sujet i me méprendre ? Malê je sais déjà que je ne puis me tromper dans les jugements dont je connols clairement les raisons. Sera-ce que j'ai estimé autrefois beaucoup de choses pour vraies i et pour certaines que j'ai reconnues par après i être fausses ? Mais je n'avois connu clairement ni i disthictement aucunes de ces choses-là, et ne sa* j chant point encore cette règle par laquelle je m'assure de la vérité, j'avois été porté à les croire, | par des raisons que j'ai reconnues depuis être ^ moins fortes que je ne me les étois pour lors Imaginées. Que me pourra-t-on donc objecter davan- , tage? Sera-ce que peut-être je dors (comme je me , rétcis moi-même objecté ci-devant), ou bien que , tontes les pensées que j'ai maintenant ne sont pas plus vraies que les rêveries que nous imaginons étant endormis? Mais quand bien même je dormirois, tout ce qui se présente à mon esprit arec < évidence est absolument véritable.

Et ainsi je reconnois très clairement que la certitude et la vérité de toute science dépend de la seule connoissance du vrai Dieu , en sorte qu'avant que je le connusse je ne pouvois savoir par- \ faitement aucune autre chose. Et à présent que Je le connols, j'ai le moyen d'acquérir une science parfaite touchant une Infinité de choses, non-seu* : lement de celles qui sont en lui S malsautai de celles qui appartiennent à la nature corporelle, en tant qu'elle peut servir d'objet aux démonstrations des géomètres, lesquels n'ont point d'égard à son existence.

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