A PARIS
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A M. DE LA MOTTK
J £ ne sais ce que vous direz , monsieur , de la résolution que j'ai prise de mettre votre nom à la tête de cet ouvrage. Quoique cette édition soit beaucoup moins imparfaite que les précédentes , je serais ridicule de vous l'oÉfrir dans la pensée de vous V faire un présent considérable. Vous me connaissez trop bien pour me croire capable d'une telle faiblesse. Bien loin d'admirer ce que je fais , je suis le premier à y découvrir des défauts; et s'il y a quelque chose de passable dans mon style, je le dois en grande partie aux sages conseils de mes amis.
Cette traduction en particulier a été redressée en plusieurs endroits sur vos idées; et je suis assuré qu'elle serait encore plus correcte, ^ i'avais eu le bonheur de la retoucher auprès de vous. C'est pour vous remercier de vos avis, 1 a
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et pour rendre ma reconnaissance publique, que je vous dédie cet ouvrage. «
Totre amitié vous inspire tous les jours pour moi des soins bien plus délicats, et d'une autre importance. Je me ferais un singulier plaisir de les étaler ici : mais dans un siècle comme celui-ci, qui dans le fond vaut -peut-être autant sur le ehsqpiire de l'amitié que tous ceux qui l'ont précédé ^ je doute qu'on puisse se persuader « que «vous m'aimez avec autant de tendresse que a vous faites, que mes intérêts vous sont .aussi « chèrs que les vôtres , et qu'une longue absence , « bien loin de diminuer l'amitié que vous avez « pour moi ^ semble lui donner tous les jours de a nouvelles forces. 9 Dans l'esprit de bien des gens, tout cela passerait pour de vaines exagérations. Ce n'est pourtant qu'une faible peinture d'une amitié qui tire tout son feu d'ellemême, et qui^ par son zèle et sa siacérité, est d'un prix si' supérieur à tous les firuits qui m'en sont revenus,* ou que j'en pourtiais jamais recueil lir,que je puis dire, sans la moindre omhre^^^'^ gratitude, qtm tous oes firuits, mis en comparai-
-fi.,'-t-rt.-v
EPITRE. iij
son avec elle , ne méritent pas d'être mis en ligne de compte. Je ne finirais point sur cet article, si je ne me souvenais que le public doit voir cette lettre. Peu lui importe, sans doute, de savoir que j'ai le bonheur de posséder un véritable ami; mais je crois que ceux qui vous connaissent m'en estimeront davantage.
A Londres, ce 4 Avril 1721.