S CLXXVI
Mauvaise côUtUmé établie dans îès eéd/e» , de faite composer ûuùc enfants des discours en latin.
Mais avant que de passer outre, je vais vous •dire un p^i pltls distinctetnétkt pourquoi je ne voudrais pas qu'on fît faire à Votre enfant d^ discours et des vers latins : tet premièrtement . pour ce qui est des discours, je nais que là cotitume qu'on a dans les* écoles d'en fairt» âoitiposet aux enfants ; e^t fondée sUr le préttkte de leur procurer quelque utilité, c'est-ànlife de leur apprendre à parler poliment et exactement sur toute sorte de sujets; 6e qui serait, je l'avoue , fort considérable ^ si l'on pouvait y venir par ce moyen-là , car ri^n ne ^ied niiéux à Un homme ^e bonne maison , ' ni tf e^t plM utile dans tout le cours de la vie, que de sâVote* jl^afler bien et à propos dans l'occasion. JV|ai je soutiens que lés discours qu'ona accoutumë^de Êâl^ hktt kux: enfants dans les éOôlea^ ne* servi^t point du tout À cela. Vous n'aveâ^ pour en élt^ iMii-
vAmiiti,iJU'à coii^idérë^è ^uoi tést obligé un j^une étti&ilt dàtis ce cas-là ; c'^êsl à conâpt^s^r Utt dis- Mvtè sii^ q[\iél^^ isëhtetlôè latine, commt^ celleci : OmntaiDénùet am&r (l), bU cfetlè âti«rè : 7Va/2 //èe^ in ùêHo bis frèccàihè > etc. (à). Le pauwe ehfatit 9 tj^ui n'a auicilh^ tonnai^sàttce des cho$«s dont il tfoit pârief ( ce tJUi tte s^âcquleït qtt'avtec le teittpà, et à fo^é d4B iiéflellonis ) ^^ eèt obligé de toettre ist^n* esprit à là tortui:^ pour trouver qfuehjtte chose à 4ir6 sut un sujet qui lui est entiètetnent inconnu , eh quoi les mâttre» traitei^t les enfants d'une fMttlère à^-péil-près aussi tyrannique que Pharaon traita les Israélites ^ en leur ordonnant , pour ainsi dire , de faire des britjues avant que d'avoir de» matériaux : aussi àrrive*4-il ordinairement dans ces sortçs de ren- Contres , tjue ♦ ces pauvret enfants ont .recours à d'autres écoliers plus habilt^ qu'eux , avec ces mots à k bonctk^ ^/aitês^Wroi^fe vous prie ^ quelque chose qui ait du sens sur teiie ou telle mAtièfe; expédient qui n'est peut-être pas moins raisonnabli^ que ridicule^ car il n'est pas facile de Se dëtfertaiiner sur cette plaisante question. Avant qu'un hoitime soit capable dé traiter un sujet ,
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(t) C'est-à-^re : « L* amour viéht â l)out de tout. »
(a) « Dans la guerre il n*êst pà$ |>'er Ai& de toinmettile d(ak « Ibis là Iftéfnè fatMe. » '
4o4 1>E L ÉBUCATlOir
il faut nécessairement que ce sujet lui soit connu, ou du moins c'est une aussi grande (bCe de l'obliger à en parler , que d'obliger un aveugle à parler des couleurs , ou un sourd de musique ; et si quelqu'un s'avisait de solliciter une personne qui
n'aufait aucune connaissance de nos- lois , à dis-
puter contre quelque thèse dé^ droit, ne diriezvous pas qu'il aurait l'esprit un peu déréglé ? Or, qu'est-ce, je vous prie,. que des écoliers comprennent dans les matières qu'on leur propose ordinairement à traiter, dans le dessein d'exciter
et d'exercer leur imagination ?