‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 127 sur 144 · CXCIII · texte numérisé non relu

CXCIII

La Rhétorique et la Logique.

Comme la rhétorique et la logique sont des sciences qu'on a accoutumé d'enseigner aux enfants immédiatement après la grammaire , on s'étonnera peut-être que j'en aie dit si peu de chose; mais j'en use ainsi ^ parce que les jeunes gens ne retirent que très- peu de 'fruit de ces deux sciences : car je n'ai vu que fort rarement, ou, pour mieux dire, jamais, que perlonne ait appris à bien raisonner , ou à bien parler , en étudiant les règles par lesquelles on prétend enseigner ces deux choses. Je serais donc d'avis

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qu^un jeune gentilhomme vît oes règles dans les systèmes les plus courts qu'on pourrait trouver, sans s'attacher long^temps. à examiner et à étudier ces sortes de formalités. Le bon raisonnement est fondé sur tout autre chose que sur des prédicaments et des prédicables , et ne consiste pas non plus à faire des arguments en forme. Mais ce n'est pas ici le lieu de s'étendre sur ces spéculations (i). Pour revenir à ce qui fait le sujet de cet article, si vous desirez* que ▼otre en£int se perfectionne dans l'art de raisonner, faites -lui lire les œuvres de Chii/ing-worth (a) ; si vous voulez qu'il apprenne à bien

(i) On peut voir sur cela VArt de penser et V Essai concernant f entendement humain ^ h IV, ch. 17, où M. Locke a traité la matière |lu long, et avec beaucoup d'exactitude.

(a) C'est le nom d'un savant théologien de Téglise anglicane, qui, sous le règne de Charles I^^, publiai en anglais une apologie de la religion protestante , où tous les véritables principes de cette religion sont défendus avec beaucoup de candeur, et avec une force et une netteté incomparables contre les objections d'un habile jésuite qui avait rassemblé avec beaucoup d'art les arguments les plus »ubtil« et les plus spécieux que les catholiques romains puisseiK opposer auT protestants. Comme ^set ouvrage n'est qu'un tissu na« turel de raisonnements pleins de solidilié et d'évidence, la lecture en doit être infiniment plus propre à former l'esprit que de simples règles de logique. On peut dire la même chose des livres de madiématîqiict qui sont écrits nettement et dans un ordre iiatviel ^ et de tous oeui^ qui traitetit de

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parler, engagez-le dans la lecture de Cicéron{i)^ afin qu'il prenne dans les ouvrages de ce grand . orateur la véritable idée de l'éloquence; et si vous souhaitez qu'il écrive purement en anglais, faites-lui lire des livres bien écrits en cette langue.

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