Dès-lors je conjecturai que sijU» hcttnme
(i) C'est de quoi Montaigne s'était déjà aperçu. Voici conune il nous le dit naïvement à sa manière : «Et lés rois «et les philosophes fientent, et les daines aiitssi.- Les vies « publiques se doivent à la cérémonie : la, miei^ve ebscure et «privée jouit de toute dispense naturelle: soldat et gascon « sont qualitez aussi un peu sujettes à rindiscrétion : par «quoi, je dirai ceci de cette action; iqu'il est,besoin de* la «reiivoyer à éertâines heures presoriptes, eta^jf forcer fiar « coiitame et assujettir, comme j'ai^fait.. De to^te^.lps actions «naturelles, c'est celle que je souffre plus mal volontiers «m' être interrompue. J'ai veu beaucoup de gens de guerre «incommodés du déréglen^ént de leur ventreç tandis- que le « mien et moi ne poi»s faillqui^ jamais au point 4^ iiotre assi- «gnation, qui est au saut du lit, si quelque violente occu- « pation ou maladie ne nous trouble, » Essais, liy. III , c. XIV. M. Locke traite ce point d'tmè manière plus philoiophique, et Pêseànple de Montaigne servira tout au moins à« jcpnfinner sadbotrine.
46 DE l'éducation
après avoir mangé le matin , allait aussitôt sut la chaise pour essayer si en s'efiForçant il pour^ rait faire une selle, avec le temps il pourrait s'en faire uiie habitude par une constante pratique.
§ XXVL
Voici pourquoi j'ai cru devoir choisir ce tempslà pour faire cet essai.
I. Preùiièrement , parce qne alors l'estomao étant iFÎdés s'il reçoit quelque viande qui lui soit agréable ( car je ne conseillerais jamais , bor^ mis en cas 'de nécessité, qu'on ne mangeât que ce qu'on aime^ et lorsqu'on a envie d'en manger), il se trouve alors en état de resserrer ce qu'il rççoit par une forte compression de ses fibres , laquelle eompressioa je suppose pouvoir proba* blemetit être continuée jusqu'aux intestins, dont le mouvement péristaltique s'augmente par le même moyen , connue nou,s le voyons dans la maladie nommée nusei^re, où le mouvement cea* versé ayant commencé quelque part par le* bas , $e produit ensuite lui-même durant toute la longueur des intestins, et engage moiue rest;Qa)aç à suivre cette déterminatîoti irréguhère. • -
. a. Ce temps -là est encore très - cominodé , parce qw lorsqu'on mange, on, a ordiu^ir^menjt l'esprit libre, et que lesesprita aniroaiiK éfa»t>alofS comme dégagés de toute occupation, eocileat
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arec plus de violence vers le bas ventre, ce qui est tout-à-fait propre à produire l'effet que nous recherchons.
3. Et enfin, parce que, lorsqu'on a le. loisir de manger, on a aussi tout le temps qu'il faut pour aller à la selle. Au lieu qu'au teejoient , il serait impossible de se fixer pour cela à une certaine heure, vu la diversité des affaires et des accidents où les hommes se trouvent engagés; et l'on en perdrait îrmFailUblement la coutume, Mais comme une personne qui. est. en santé manque xarem^^t de manger une fois par jour, en prenant ce temps-là pour aller à la selle , on en conserverait la coutume , quoiqu'on n'y allât pas toujours à h. même heure,