LUI
S'il faut poTter les enfants à leur devoir par des
récompenses.
U'uN autre côté, il faut éviter avec autant de soin de cajoler les enfants, en leur, donnant, sans ridée de récompenses, certaines choses qui leur plaisent , pour les engager à s'acquitter de leur devoir : car celui qui donne à son enfant des pommes , des dragées y ou quelque autre chose de cette nature qu'il aime beaucoup, afin de l'obliger à apprendre sa leçon, ne fait qu'autoriser par-là, l'amour qu'il a pour le plaisir, et entretenir en lui cette dangereuse inclination^. qu'il devrait tâchçr, p^r toutes sortes de mpyen^, de nfiortifier et 4'é^^"fi^r entièrement. C'est en vain que vous espérez d'obliger votre enfant à vaincre cette pass^ion , si d'un côté • vous vous
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engagefz à le dédommager de la contrainte que vous imposez à son inclination, en lui proposant de l'autre de nouveaux objets capables de la satisfaire. Poùi* fair'e c^il'ufa etafiiùt soit un jour sage , vertueux et homme de bien , il faut lui apprendre à domptet* ses passions et à réprimer l'inclination qu'il a pour les richesses, pour la parure, ou pour la boone-chère, etc. , toutes les fois que sa raison et son devoir l'exigent. Mais si vous le portez à faire une chose raisonnable en elle-même, en lui présentant de l'argent, si vous le técôhijifensez de la peine qu'il a d'apprendre sa leçon, par le plaisir de manger quelque bon morceau , si vous lui promettez une cravatte à dientelle, ou un bel habit neuf, pôtltrii qu'il s'acquitte de tjuelquè^-utt^ de Ses petite dévoilas, n'est-ii pas visible qu'eh proposant ces choses eti forme de récompensée, vous leS faites passer pour des choses bonnes eti elles -métnes que votre enîFant doit tâchéi^ d'oBtëriir, et qilè pstAk vous l'excitez à leè désiter avec d^autant plift d'ardeur, et Fâccoutumeifc à friettre son bôtethèni* dans leur jouissance? Aiîïsi, pour etlgâ^r fès eilfiants à âpprendt*e leur gràtnmait^ , à ^ànl^ëi*, ou à faire quelque autre chose de c^ttcî nature, ptn capable de cotitribilet* au bonà^ul* ovL à la commodité de leiir vie , Fbh ëA{>lôie tiiâi-àpropos leé récompeiises - et les châtiùienU , oh
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détruit en eux tout principe de vertu , on ren- . verse l'ordre de leur éducation, et on leur inspire le luxe, l'orgueil ou l'avarice , etc. Méthode extravagante^ par laquelle un père entretient ses enfants dans de mauvaises inclinations, cp'il devr^t étouffer entièrement , et jette dans leur ame la seitience de tous ces vices , qu'on ne peut éviter qu'en réprimant ses propres désirs , et en s'accoutumant de bonne heure à se sou* mettre à la raison.
Stiv.
Je ne dis pas c^ùi pour insinuer qu'oti devrait priver les enfants des commodités et des plaisirs de la TÎe^ qui ne sont pas contraires à leiu* santé ou à la vertu. Bien loin de là, je suis d'avis qu'on leur rende la vie aussi a^éable qu'il est possible, qu'on leur permette de goûter pleinement tous les innocents plaisirs pour lesquels ils sentent de l'inclination , pourvu qu'on le fasse avec cette précaution de ne leur accorder ces loisirs que o«innme des Suites dé l'approbati<m qu'ils ont cLoquise par leur bonne cotidiiile dans l'esprit èè leurs gouverneurs , et jamais comme des PéooQipeiises de ce qu'ils se sont appliqués à certaine chose pour laq<uelte ils témoignent de l'aversion, om qu'ils n'auraient pas voahi iaire sans cela.
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