LXXXIX
Oh objecte que certains enfants d'un naturel intraitable ne voudraient rien apprendre , si oh lès traitait avec douceur^
Aia&/!ict Ton: m'objectera apparemment que, quoi qiie je dise de l'humeur traitable des en- Êults ,'et du pouvoir que la honte et les louanges ont sur letir esprit ^ U y ^ pourtant plusieurs en&nts quines'attachéraieqt jamais à leurs livres et^à ce qu'ils doivent apprendre, si on ne les dxàtiait' pour les y obliger. J'appréhende bien que dette objection ne vienne que des collèges et d'mne coutume invétérée qui a empêché d'é-
prouver les voies de douceur avec les précautions nécessaires, dans les occasions où Ton pouvait les mettre en usagé ; car autrement ^ pourquoi Jàut" il recourir à la verge pour enseigner le latin et le grec, puisqu'on enseigne le français et riiizlien sans ce secours? Les enfants n'apprennettt41s pas à danser et à faire des armes sans étre.battus ? ne s'appliquent-ils pas de même avec assez de soin à l'arithmétique, à la peintm'e, etc, sans qu'il soit nécessaire .de recourir à la verge pour les y porter? Cela pourrait faire croire qu'il y a quelque, chose d'étrange , de contraire à la nature, et de peu convenable. à l'âge des enfants dans la grammaire des écoles , ou dans les. méthodes qu'on y emploie pour l'enseigner , pmsque les enfants ne sauraient être portés à l'apprendre sans le secours de la verge, et à grand peine même par ce moyen<-là ; ou bien qu'oiï a tort de ; se . figurer qu'on ne saurait enseigner aux enfants les langues qu'ils apprennent au collège , sans en venir aux coups.