‹ Œuvres;Chapitre 118 sur 160 · IO · texte numérisé non relu

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D'après les lois qui précèdent, l'émanalion se diffuse comme un gaz qui serait mélangé à l'air en petite proportion. Le coefficient K représente alors le coefficient de diffusion du gaz dans lair. Ce coefficient est voisin de ceux trouvés pour certains gaz; celui relatif à l'acide carbonique dans l'air à 10" est 0,1 5 environ ; celui de la vapeur d'éther dans l'air est o,0() environ.

On peut du reste remarquer que le coefficient de diffusion de l'émanation du radium dans l'air est beaucoup plus facile à mesurer que le coefficient de clitTusion d'un gaz, le rayonnement du réservoir indiquant à chaque instant la quantité d'émanation qu'il contient.

M. Rutherford et miss Brooks ont déjà fait une expérience pour déterminer le coefficient de difFusion de l'émanation du radium dans l'air ('). Ils admettent, a priori, que l'émanation se comporte comme un gaz et déterminent le coefficient de difï'usion par la méthode de Loschmidt. Ils trouvent que le coefficient de diffusion dans l'air est voisin de 0,08, résultat en accord avec nos mesures.

Nous avons constaté que, dans d'autres circonstances encore, l'émanation du radium se comporte comme un gaz :

i" Un réservoir de volume r,, contenant de rémanation, émet un rayonnement J ; on le met en communication a\ec un deuxième réservoir inactif de volume Co ; une partie de l'i'-manation passe

(') Chemical News, 25 avril 1902.

KMVNAiioN nr uADir.M. 455

dans ce deuxième réser\oii-, mais létfiiilibre n'est établi qu'au bout d'un certain temps t. Pendant ce temps, lémanation est déduite daus une proportion connue. Soit J' I intensitc' qu'aurait émise le premier réservoir au liout du temps <, si la communication avec le deuxième réservoir n'avait pas été établie. Soit Jj rintensité mesurée au l)out du temps t. On trouve que

Ji f,

c'est-à-dire que l'émanation s'est partagée entre les deux réservoirs proportionnellement à leurs volumes. L'expérience donne le même résultat avec divers deerés de vide.

2" Deux réservoirs sont activés et communiquent entre eux par un tube de verre. On porte l'un deux à 35o", l'autre restant à la température de lo". L'activité rayonnante du tube resté froid augmente et l'on vérifie que l'émanation se partage entre les deux réservoirs dans la même proportion que le ferait la masse d'un gaz dans les mêmes conditions.

M. Rutlierford a constaté que lémanation du radium se condense à la température de l'air liquide; nous avons vérifié ce fait important en faisant 1 expérience suivante :

Un réservoir de verre, de grand volume, contient l'émanation du radium; ce réservoir est terminé par un tube capillaire. Si l'on plonge ce tube dans l'air liquide, toute l'émanation s'y condense. En séparant à la lampe le tube capillaire, on constate que le gros réservoir est devenu inactif, et que le petit tube capillaire, devenu très actif, contient toute l'émanation.

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