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RAYONS SECONDAIRES

ISSUS DE LA TRANSFORMATION DES RAYONS X. En commun avec G. SAGNÂC.

Bulletin des séances de la Société française de Physique, année 1901, p. i^g. Journal de Physique. 4° série, t. I, 1902, p. i3.

Le faible pouvoir de pénétration des rayons secondaires des métaux lourds fait penser aux rajons cathodiques de Lenard, lesquels peuvent seulement parcourir quelques centimètres à peine dans l'air atmosphérique, où ils sont énergiqueinent diffusés. Cette analogie conduit à rechercher si les rayons secondaires, très absorbables par l'air, transportent avec eux des charges électriques négatives, puisque tel est le caractère fondamental des rayons cathodiques; la déviation des rayons par le champ magnétique (') ou par le champ électrique sera une conséquence probable de leur électrisation. Il n'y a pas de contradiction entre cette hypothèse et celles qui ont été développées par lun de nous, puisque le faisceau émis spontanément par le radium de M. et de M'"" Curie est un mélange de rayons électrisés négativement analogues aux rayons cathodiques, déviables par le champ magnétique et par le champ électrique, et de rayons non déviables analogues aux rayons X, sensiblement dépourvus de charges électriques.

(') P. Curie et G. Sagxac, Comptes rendus, t. CXXX, 9 avril 1900, p. ioi3.

364 OEL'VRliS DE P. CURIE.

Pour préciser d'abord jusqu'à quel point Jes rayons X se montrent dépour\us d'électrisation ('), nous employions une enceinte de Faraday en plomb épais de forme cubique, ayant 23*^"' de côté, reliée à un électromètre à quadrants de Curie. Un large faisceau de rayons X y pénétrait par une ouverture circulaire de lo^"' de diamètre, placée à 'j'^^'" seulement de la lame focus du tube producteur de rayons X.

L'enceinte de plomb, y compris son ouverture, était complètement enveloppée par une couche continue d'un diélectrique solide (paraffine ou ébonite), recouverte elle-même d'une enveloppe d'aluminium mince en communication avec la terre. L! enveloppe continue de diélectrique solide est nécessaire pour maintenir V isolement parfait du cylindre qui, sans cette précaution, ne demeurerait pas isolé dans l'air ambiant rendu conducteur de l'électricité par l'action des rayons de Rontgen.

Dansées conditions, l'électromètre ne se chargeait pas sensiblement. Nous avons pu ainsi conclure qu'en admettant l'hypothèse de rayons X électrisés, le courant, équivalent à la circulation de l'électricité dans le faisceau large et intense de rayons X employé, était certainement inférieur à io~'- ampère.

Nous avons pu, au contraire, conclure à Télectrisation négative des rayons secondaires des métaux lourds. .\ la pression atmosphérique, les rayons X et les rayons secondaires communiquent à l'air une conductibilité telle que le métal rayonnant n'est plus isolé; il est alors impossible de recueillir Félectricité des rayons secondaires. Il fallait éviter en même temps que les rayons secondaires des métaux lourds, souvent très peu pénétrants, ne fussent absorbés au voisinage immédiat du métal qui les émet. Nous avons été ainsi amenés à placer les métaux dans l'air raréfié et à opérer

(') Le professeur E. Dorn a annoncé que les rayons secondaires des niélaux lourds sont déviés par le champ magnétique et dans le même sens que les rayons cathodiques {Abhand. d. Natiirf. Gesell. zu Halle, Bd. XXII, 1900, p. 40-42).

L'un de nous avait antérieurement émis l'opinion que les rayons secondaires très absorbables des métaux lourds peuvent renfermer des rayons analogues à ceux de Lenard et déviables comme eux par l'aimant [G. Sagnac, Becherches sur les transformations des- rayons de Rontgen, Chap. I, § 3 : Rayons secondaires, rayons X et rayons de Lenard ( L' Éclairage électrique du 12 mars i8g8)].

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