‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 1 sur 160 · LA BACCHANTE · texte numérisé non relu

LA BACCHANTE

Am : Fournissez un canal au ruisseau.

Cher amant, je cède à tes désirs •

De Champagne enivre Julie.

Inventons, s'il se peut, des plaisirs; Des amours épuisons la folie.

Verse-moi ce joyeux poison.

Mais surtout bois à ta maîtresse;

Je rougirais de mon ivresse,

Si tu conservais ta raison.

Vois déjà briller dans mes regards

Tout le feu dont mon sang bouillonne.

Sur ton lit, de mes cheveux épars, Fleur à fleur, vois tomber ma couronne. Le cristal vient de se briser!

Dieux! baise ma gorge brûlante,

Et taris l'écume enivrante Dont lu te plais à l'arroser.

Verse encor! mais pourquoi ces atours

Entre tes baisers et mes charmes?

Romps ces nœuds, oui, romps-les pour toujours. Ma pudeur ne connaît plus d'alarmes.

Presse en tes bras mes charmes nus.

Ah! je sens redoubler mon être!

A l'ardeur qu'en moi tu fais naître

Ton ardeur ne suffira plus.

Dans mes bras tombe enfin à ton tour;

Mais, hélas! tes baisers languissent.

Ne bois plus, et garde à mon amour Ce nectar oij les feux s'amortissent.

De mes désirs mal apaisés,

Ingrat, si lu pouvais te plaindre,

J'aurais du moins pour les éteindre

Le vin où je les ai puisés.

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