‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 121 sur 160 · LES CINQUANTE ECUS · texte numérisé non relu

LES CINQUANTE ECUS

Am : Martin est ua fort bon garron.

Grâce à Dieu, je suis héritier!

Le métier De rentier Me sied et m'enchante.

Travailler serait un abus;

J'ai cinquante écus,

J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente.

Mes amis, la terre est à moi.

J'ai de quoi Vivre en roi Si l'éclat me tente.

Les honneurs me sont dévolus; j'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente.

Pour user des droits d'un richard, Sans retard, Sur un char De forme élégante.

Fuyons mes créanciers confus :

J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente.

Adieu Surêne et ses coteaux!

Le bordeaux, Le meursault, L'aï que l'on chante, Vont donc enQn m'êlre connus :

J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente.

Parez-vous, Lise, mes amours, Des atours Que toujours La richesse invente.

Le clinquant ne vous convient plus; J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente.

Pour mes hôtes vous que je prends, Amis francs, Vieux parents, Sœur jeune et fringante, Soyez logés, nourris, vêtus :

J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus.

J'ai cinquante écus de rente.

Amis, bons vins, loisirs, amours, Pour huit jours Des plus courts Comblez mon attente; Le fonds suivra les revenus.

J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente.

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