CHANSON DE FÊTE POUR MARIK
Air : Halte-là ! la Garde royale est là.
Comment, sans vous compromettre, Vous tourner un compliment?
De ne rien prendre à la lettre Nos juges ont fait serment.
Puis-je parler de Marie?
Vatiménil dira : « Non.
C'est la mère d'un Messie, Le deuxième de son nom.
Halte-là! [Bis.) Vite en prison pour cela. »
Dirai-je qne la nature Vous combla d'heureux talents ; Que les dieux de la peinture Sont touchés de votre encens ; Que votre âme encor brisée Pleure un vol fait par des rois?
« Ah ! vous pleurez le Musée, Dit Marchangy le Gaulois.
Halte-là!
Vite en prison pour cela. »
Si je dis que la musique Vous offre aussi des succès; Qu'à plus d'un chant héroïque S'émeut votre cœur français; « On ne m'en fait point accroire, S'écrie Hua radieux ; Chanter la France et la gloire, C'est par trop séditieux.
Halte-là !
Vite en prison pour cela. »
Si je peins la bienfaisance
Et les pleurs qu'elle tarit ;
Si je chante l'opulence
A qui le pauvre sourit,
Jaquinot de Pampelune
Dit : « La bonté rend suspect;
Et soulager l'infortune,
C'est nous manquer de respect.
Halte-là!
Vile en prison pour cela. »
En vain l'amitié m'inspire :
Je suis effrayé de tout.
A peine j'ose vous dire Que c'est le quinze d'août.
« Le quinze d'août! s'écrie Bellart toujours en fureur :
Vous ne fêtez pas Marie, Mais vous fêtez l'Empereur!
Halte-là !
Vite en prison pour cela. »
Je me tais donc par prudence, Et n'offre que quelques fleurs.
Grand Dieu! quelle inconséquence!
Mon bouquet a trois couleurs.
Si cette erreur fait scandale, Je puis me perdre avec vous.
Mais la clémence royale Est là pour, nous sauver tous...
Halte-là! (Bis.) Vite en prison pour cela.