‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 149 sur 160 · LE TREMBLEUR · texte numérisé non relu

LE TREMBLEUR

MES ADIEUX A M. DUPONT (DE L'EURE), ei-président de la Conr royale de Ronen.

CHANSON FAITE ET CHANTÉE A ROUEN QUELQUES JOUKS AVANT LES ÉLECTIONS DE 1820.

Air : Je vais bientôt quitter l'empire.

Dupont, que vient-on de m'apprendra?

Quoi ! l'on tourmente vos amis !

J'ai des précautions à prendre;

Vous le savez, je suis commis ^. {Bis.}

Dès qu'une amitié m'embarrasse,

Soudain les nœuds en sont rompus. (Bis.)

1. Allusion à la fameuse note secrète, ouvrage d'un comité ultra-congréganiste, qui sollicitait auprès des cours étrangères la rentrée en France des soldats de la Sainte-Alliance.

2. A cette époque, l'auteur avait encore l'emploi d'expéditionnaire dans les bureaux de l'Université.

Bien mieux que vous je sais garder ma place '. Mon cher Dupont, je ne vous connais plus. Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Du peuple obtenez le suffrage;

Moi, du pouvoir je crains les coups.

En vain la France rend hommage

A la vertu qui brille en vous ;

A peine j'ose vous promettre

De vous rendre encor vos saluts :

Votre vertu pourrait me compromettre.

Mon cher Dupont, je ne vous connais plus. Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Chez nous le courage importune.

Et votre sage et noble voix

A fait trembler à la tribune

Ceux qui méconnaissent nos droits.

De vos discours on tient registre ;

Peut-être aussi les ai-je lus.

Mais les talents ne font pas un ministre. Mon cher Dupont, je ne vous connais plus. Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Héritier de la gloire antique, Admiré de tous les Français, Le front ceint du rameau civique, Sous le chaume vivez en paix.

A votre renom j'ai beau croire,

l. M. Pasquier, garde des sceaux, avait destitué M. Dupont de la présidence de la cour de Rouen.

DE BÉRAXGER. :32'.)

Je pense comme nos ventrus :

On ne vit pas de pain sec et de gloire. Mon cher Dupont, je ne vous connais plus.

Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Oui, je vous fuis sans autre forme.

Vous que longtemps mon cœur aima.

Je ne veux pas qu'on me réforme Comme Pasquier vous réforma. {Bis.) Adieu donc, honneur de la France!

Du préfet je crains les argus. {Bis.}

Avec Lisot ^ je ferai connaissance.

Mon cher Dupont, je ne vous connais plus.

Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Page 1