‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 155 sur 160 · LES ADIEUX A LA GLOIRE · texte numérisé non relu

LES ADIEUX A LA GLOIRE

Am : Je commence à m'apercevoir, etc. (d'ALExis).

Chantons le vin et la beauté :

Tout le reste est folie.

Voyez comme on oublie Les hymnes de la liberté.

Un peuple bcave Retombe esclave :

Fils d'Épicure, ouvrez-moi votre cavo.

La France, qui souffre en repos, Ne veut plus que mal à propos J'ose en trompette ériger mes pipeaux.

Adieu donc, pauvre Gloire 1 Déshéritons l'histoire.

Yencz, Amour, et versez-nous à boire.

Quoi! d'indignes enfants de Mars'.

Briguaient une livrée, - Quand ma muse éplorée Recrutait pour leurs étendards!

Ah! s'il m'arrive

1. Plusieurs généraux de l'ancienne armée sollicitaient et obtenaient des emplois dans la maison du roi.

Beauté naïve, Sous ses baisers ma voix sera captive ; Ou flattons si bien, que pour moi On exhume aussi quelque emploi.

Oui, noir ou blanc, soyons le fou du roi. Adieu donc, pauvre Gloire!

Déshéritons l'histoire.

Venez, Amours, et versez-nous à boire.

Des excès de nos ennemis Chaque juge est complice, Et la main de Justice De soufflets accable Thémis.

Plus de satire!

N'osant médire.

J'orne de fleurs et ma coupe et ma lyre. J'ai trop bravé nos tribunaux ; Dans leurs dédales infernaux J'entends Cerbère et ne vois point Blinos. Adieu donc, pauvre Gloire!

Déshéritons l'histoire.

Venez, Amours, et versez-nous à boire.

Des tyrans par nous soudoyés La faiblesse est connue :

Gulliver éternue.

Et tous les nains sont foudroyés.

Mais quelle image!

Non, plus d'orage; De nos plaisirs redoutons le naufrage.

Opprimés, gémissez plus bas.

Que nous fait, dans un gai repas,

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Que l'univers souiïre ou ne souffre pas?

Adieu donc, pauvre Gloire!

Déshéritons l'histoire.

Venez, Amours, et versez-nous à boire.

Du sommeil de la liberté Les rêves sont pénibles ; Devenons insensibles Pour conserver notre gaîté. Quand tout succombe, Faible colombe, Ma muse aussi sur des roses retombe.

Lasse d'imiter l'aigle altier, Elle reprend son doux métier :

Bacchus m'appelle, et je rentre au quartier. Adieu donc, pauvre Gloire!

Déshéritons l'histoire.

Venez. Amours, et versez-nous à boire.

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