‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 63 sur 160 · ELOGE DE LU RICHESSE · texte numérisé non relu

ELOGE DE LU RICHESSE

AïK du Vaudeville d'Arlequin Cruello.

La richesse, que des frondeurs

Dédaignent, et pour cause.

Quand elle vient sans les grandeurs,

Est bonne à quelque chose.

Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent écus,

Savetier, mon compère.

Pour moi, qu'il m'arrive un trésor; Que dans mes mains pleuve de Tor, De l'or. De l'or,

Et j'en fais mon affaire !

Je souris à la pauvreté,

Et j'ignore l'envie :

Pourquoi p^rdrais-je ma gaieté

Dans une douce vie?

Maison, jardin, livres, tableaux, Large voiture et bons chevaux,

Pourraient-ils me déplaire?

Quand mes vœux prendraient plus d'essor. Que dans mes mains pleuve de l'or, ■ . De l'or, De l'or, Et j'en fais mon affaire!

Bonjour, Mondor, riche voisin.

Ta maîtresse est jolie :

Son œil est noir, son esprit fin,

Et sa taille accomplie.

J'atteste sa fidélité; Mais que peut contre sa fierté

L'amour d'un pauvre hère?

Pour te l'enlever, cher Mondor, Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or.

De l'or,

El j'en fais mon affau-e!

Le vin s'aigrit dans mon gosier

Chez un traiteur maussade; Mais à sa table un financier

Me verse-t-il rasade :

Combien, dis-je, ces bons vins blancs?

On me répond : Douze cents francs.

Par ma foi, ce n'est guère.

En Champagne on en trouve encor :

Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or,

Et j'en fais mon affaire I

A partager dès aujourd'liui,

Amis, je vous invite.

Nous saurions tous, en cas d'ennui,

Me ruiner bien vite.

Manger rentes et capitaux, Équipages, terres, châteaux,

Sei'ait gai, je l'espère.

Ah ! pour voir la fin d'un trésor, Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or.

Et j'en fais mon affaire !

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