PAR^Y
ROMANCE Musique de B. Wilhem.
Je disais aux fils d'Épicure :
« Réveillez par vos joyeux chants Parny, qui sait de la nature Célébrer les plus doux penchants. »
Mais les cliants que la joie inspire Font place aux regrets superflus :
Parny n'est plus!
Il \ ient d'expirer sur sa lyre':
Parny n'est plus!
Je disais aux Grâces émues :
« Il vous doit sa célébrité.
IMontrez-vous à lui demi-nues; Qu'il peigne encor la volupté. »
Mais chacune d'elles soupire Auprès des Plaisirs éperdus.
Parny n'est plus!
Il vient d'expirer sur sa lyre :
Parny n'est plus!
Je disais aux dieux du bel âge :
« Amours, rendez à ses vieux ans Les fleurs qu'aux pieds d'une volage Il prodigua dans son printemps. »
Mais en pleurant je les vois lire Des vers qu'ils ont cent fois relus.
Parny n'est plus !
Il vient d'expirer sur sa lyre :
Parny n'est plus!
Je disais aux Muses plaintives :
« Oubliez vos malheurs récents*; Pour charmer l'écho de nos rives,
I Allusions à la mort de Le Brun, de Delille, de Bernardin de Saint-Pierre, de Grétr}-, etc.
DE BERAXGER.
Il VOUS suffît de ses accents. »
Mais du poétique délire Elles brisent les attributs.
Parny n'est plus !
Il vient d'expirer sur sa lyre :
Parny n'est plus!
II n'est plus! ah! puisse l'Envie S'interdire un dernier effort*.
Immortel il quitte la vie; Pour lui tous les dieux sont d'accord.
Que la Haine, prête à maudire, Pardonne aux aimables vertus.
Parny n'est plus!
Il vient d'expirer sur sa lyre :
Parny n'est plus!