COMPLAINTE
D'UNE DE CES DEMOISELLES A l'occasion des affaires du temps.
Air : Faut d' la vertu, pas trop n'en faut.
Fautqu'lord Villain-ton ait tout pris, Gn'a plus d'argent dansc'gueux d'Paris.
Du métier d" fille j' me dégoûte :
C commerce n' rapporte plus rien; Mais si 1' public nous fait banqu' route, C'est qu' les affaires n' vont pas bien.
[Bis.)
Faut qu' lord Villain-ton ait tout pris, G'na plus d'argent dans c' gueux d' Paris.
Au bonheur on fait semblant d' croire; Mais j'en jug' mieux qu' tous les flatteurs.
Si d' la cour je n' savais l'histoire, J' croirais quasi qu'on a des mœurs.
Faut qu' lord Villain-ton ait tout pris, G'na plus d'argent dans c' gueux d' Paris.
Nous servions d' maîtress's et d' modèles A nos peintres gorgés d'écus. J' crois qu'à leux femm's y sont fidèles D'puis qu' les modèles n' servent plus.
Faut qu' lord Villain-ton ait tout pris. Gn'a plus d'argent dans c' gueux d' Paris.
Quand gn'a pas V moindr' profit-z à faire, Sur tant d' réformés mécontents, Les juges p't-êtr' fraient not' affaire, Mais r roi n' Icux en laisse pas le temps.
Faut qu' lord Villain-ton ait tout pris, Gn'a plus d'argent dans c' gueux d' Paris.
Enfin je n' trouvons plus not' compte Avec nos braves qu' l'on vexa.
Vu leux misère, y aurait d' la honte A leux d'mander queuqu' chos' pour ça.
Faut qu' lord Villain-ton ait tout pris. Gn'a plus d'argent dans c' gueux d' Paris.
Heureus'raent qu' monsieur Laboiie A nous servir s'est-z engagé :
Comme un diable y s' démène, y crie, Pour qu'on rend' les biens du clergé.
Faut qu' lord Villain-ton ait tout pris, Gn'a plus d'argent dans c' gueux d' Paris.