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Oeuvres

Venez tous, bons catholiques, Jésuites, grands et petits, Et vous, nouveaux convertis, Vous, nos meilleures pratiques.

Venez dire un i?i pace Pour un héros trépassé.

1. Les chansons de Ttestaillon, de Nabuchodonosor, de la Messe du Saint-Esprit, de la Garde nationale et du Nouvel Ordre du jour n'ont jamais paru dans les recueils publiés par BÉRANGER, aux époques qui correspondent à leur date. Habitué dès lors sans doute à traiter la politique sur un ton plus élevé, il n'a regardé ces productions que comme un tribut fugitif payé à la circonstance. Mais, ces chansons ayant fait rechercher les contrefaçons si multipliées en France et à l'étranger, l'éditeur s'est vu dans l'obligation, malgré le désir qu'il avait de complaire à l'auteur, de faire entrer dans cette édition, et ces cinq chansons et celles des Papes, qui, lorsqu'elles ont été répandues, avaient aussi un but politique. {Note de l'éditeur.)

Bénissons tous la mémoire De monsieur de Trcstaiilon.

De la Restauration Lui seul ayant fait la gloire, Sa mort, vrai malheur public, Est un fâcheux pronostic.

Portefaix cité dans Nîmes Pour sa douce piété, D'assassin il fut traité Par de brutales victimes.

Quand son bras sur tel ou tel Vengea le trône et l'autel.

Souvent ivre de rogomme.

Ou surpris en mauvais lieu.

Pour rester pur devant Dieu,

Tous les huit jours, ce digne homme.

Communiait saintement,

Soit à jeun, soit autrement.

Fort de sa cocarde blanche, A tuer des protestants Il consacrait tout son temps, Sans excepter le dimanche ; Car il s'était procuré Des dispenses du curé.

Miracle! en vain il s'amuse A massacrer en plein jour; Traduit devant une cour, Aucun témoin ne l'accuse.

DE RK RANGER

Los juges au provenu Disent: Ni vu ni connu.

Hiclio alors de mainte somme Qui lui venait de bien haut, 11 buvait frais au temps chaud, Vivant en bon gentilhomme, Et chacun avait grand soin De le saluer de loin.

jMais la mort rien ne respecte ; Elle vient nous le ravir, Quand il pouvait nous servir Contre tous ceux qu'on suspecte ; Il meurt en disant: Gorbleu !

J'aurais été cordon bleu.

Des nobles portent sa bière ; Nos magistrats sont en deuil ; Le clergé, la larme à l'œil, Marche avec croix et bannière.

Ainsi l'on ne dira pas Que les prêtres sont ingrats.

On vient d'écrire au saint-père Pour qu'il soit canonisé.

Quoique ce soit bien usé, Dans peu l'on verra, j'espère.

Nos loups, chassant les brebis.

Lui dire : Ora pro nobis !

En attendant ses reliques, Qu'à Mon(rouge on bénira,

Ses exploits on donnera En exemple aux catholiques, Afin que, sans examen, Chacun d'eux l'imite. Amen.

NABLGIIODONOSOR.

Air de Calpigi.

Puiser dans la Bible est de mode :

Prenons-y le sujet d'une ode.

Je chante un roi devenu bœuf; Aux anciens le trait parut neuf, {Bis.

Surtout la cour en fut aux anges ; Et les brocanteurs de louanges Répétaient sur les harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor ! [Bis.)

Le roi beugle, eh ! vivent les cornes ! Sire, quittez ces regards mornes, Lui disaient les amis du lieu ; En Egypte vous seriez dieu.

Pour fouler aux pieds le vulgaire, Homme ou bœuf, il n'importe guère.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor !

Le roi se fit à son étable ; A sa manière il tenait table, Et crut réirner en buvant frais.

DE HHRANGRR.

Lo^i sots lui pnMaiciU d'Iiouroux traits. On lit dans unci (iôdicacc Qu'en lai in il citait Horace.

Répétons sur nos harpes d'or :

Ciloire à Naburliodonosor !

Un journal écrit par des cuistres Annonce qu'avec ses ministres Tel jour le prince a travaillé Sans dormir, quoiqu'il ait baillé.

La cour s'écrie : 0 temps prospère 1 Ce n'est point un roi, c'est un père.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor !

Il hume tout l'encens des mages, .Mais paye un peu cher leurs hommages Prêtres et grands veulent d'un coup Rendre au peuple bat et licou.

Même, si l'histoire en est crue, Le roi s'attelle à leur charrue.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor !

Le peuple indigné prend un maître D'autre espèce, pire peut-être.

Vite les courtisans ingrats Du roi déchu font un bœuf gras ; Et sans remords le clergé même S'en régale tout le carême.

Répétons sur nos harpes d'or : Gloire à Nabuchodonosor !

Bardes que la casselte inspire, Tragiques à mourir de rire, Traitez mon sujet, il plaira , La censure le permettra, {liis.) Oui, parfumeurs de la couronne, La Bible à quelque chose est bonne.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor !

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