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LE REFUS

ADRESSÉE AU fiKNKKAL SÉBASTIAN I.

Aiit : Le premitir du mois de janvier.

Un ministre veut ui'enrichir, Sans que l'honneur ait à gauchir, Sans qu'au Moniteur on m'affiche.

Mes besoins ne sont pas nombreux; Mais quand je pense aux malheureux, Je me sens né pour être riche.

Avec l'ami pauvre et souffrant On ne partage honneurs ni rang; Mais l'or, du moins, on le partage.

Vive l'or! oui, souvent, ma foi, Pour cinq cents francs, si j'étais roi, Je mettrais ma couronne en gage.

Qu'un peu d'argent pleuve en mon trou, Vite il s'en va, Dieu sait par où!

D'en conserver je désespère.

Pour recoudre à fond mes goussets, J'aurais dû prendre, à son décès, Les aiguilles de mon grand-père.

Ami, pourtant gardez votre or.

Las! j'épousai, bien jeune encor,

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La liherlé, dame un peu rude.

Aloi (lui, dans mos vers ai chanté, IMus d'uni) iiuùlo. beauté, Je meurs l'esclave d'une prude.

La Liberté! c'est, monseigneur, Une femme folle d'honneur , C'est une bégueule enivrée Qui, dans la rue ou le salon, Pour le moindre bout de galon, Va criant : A bas la livrée!

Vos écus la feraient.damner.

Au fait, pourquoi pensionner Ma muse indépendante et vraie?

Je suis un sou de bon aloi; Mais en secret argentez-moi.

Et me voilà fausse monnaie.

Gardez vos dons : je suis peureux.

Mais, si d'un zèle généreux Pour moi le monde vous soupçonne, Sachez bien qui vous a vendu :

Mon cœur est un luth suspendu ; Sitôt qu'on le touche, il résonne.

LA HESTAEIUTION DE LA CfTANSOiN.

Air : J'arrive à pied de province.

Oui, Chanson, Muse mû fille,

J'ai déclaré net Qu'avec Cliarle et sa famille

On te détrônait ^ Mais cliaquc loi qu'on nous donne

Se rappelle ici Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand nierci !

Je croyais qu'on allait foire

Du grand et du neuf; Môme étendre un peu la sphère

De Quatre-vingt-neuf. Mais point! on rebadigeonne

Un trône noirci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Depuis les jours de décembre-, Vois, pour se grandir,

1. A la fia de juillet 1830, j'avais dit : « On vient de détrôner Charles X et la chanson. » Ce mot fut répété à la Iribune par je ne sais quel député du centre.

2. Le jugement des ministres de Charles X. La Chambre alors ne voulait point entendre parler de sa dissolution.

Dl'l m'iUANCiRU. Ml

I>a Chambre vantor la Chambro,

La Chambro applaudir, A so prouvcM- qu'elles csL bomu^

Kilo a roussi.

Chanson, reprends ta couronne

— Messieurs, grand merci !

Basse-cour des ministères Qu'en Franco on honnit,

Nos chapons héréditaires Sauveront leur nid^

Les petits, que Dieu leur donne Y pondront aussi.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Gloire à la garde civique,

Piédestal des lois! Oui maintient la paix publique

Peut Venger nos droits.

Là-haut quelqu'un, je soupçonne,

En a du souci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

La planète doctrinaire

Qui sur Gand brillait Veut servir de luminaire

1. On craignait encore que l'hérédité de la pairie ne fût conservée.

Aux gens de Juillet.

Fi d'un froid soleil d'automne,

De brume obscurci !

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci!

Nos ministres qu'on peut mettre

Tous au môme point, Voudraient que le baromètre

Ne variât point.

Pour peu que là-bas il tonne,

On se signe ici.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci!

l*our être en état de grâce.

Que de grands peureux

Ont soin de laisser en place Les hommes véreux !

Si l'on ne touche à personne, C'est afin que si...

Chanson, reprends ta couronne.

— INfessieurs, grand merci?

Te voilà donc restaurée,

Chanson, mes amours, Tricolore et sans livrée

Montre-toi toujours.

Ne crains plus qu'on t'emprisonne,

Du moins à l^oissy.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci!

DK MM RANGER. 313

Mais pourlaiil hiisso en jachèru

Mon sol raliiîué.

Mi's jeunes rivaux, ma chère,

Ont un ciel si gai !

(]iiez eux la rose foisonne,

Chez moi le souci.

Chanson, reprends la couronne.

— Messieurs, grand merci !

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