‹ ŒuvresChapitre 148 sur 165 · D !■: I{ P. WANG K · texte numérisé non relu

D !■: I{ P. WANG K

Alors, dil-il, Paris, dans l'allôgrcsso.

Au pied (lu Louvre ouïra cctlo voix :

« Heureux rraii(.'ais, soulagez ma détresse,

Faites l'aumône {his' au dernier de vos rois. »

Or celte voix sera colin d'un homme Pauvre, à scrofule, en iiaillons, sans souliers, Qui, né proscrit, vieux, arrivant de Rome, Fera spectacle aux petits écoliers.

Un sénateur criera : « L'homme à besace I Les mendiants sont bannis par nos lois.

— Hélas! monsieur, je suis seul de ma race. Faites l'aumône au dernier de vos rois.

« lis-tu vraiment de la race royale?

— Oui, répondra cet homme fier encor.

cèrent de vivre quelque temps dans la retraite. Il s'y livra à l'astrologie, maladie de l'époque, et publia, en 1557, les fameuses Centuries, qui lui ont valu la célébrité populaire dont son nom jouit encore. Elles sont écrites en vers barbares, même pour son temps, et d'un style tellement énigmatique, qu'il semble plutôt être le calcul du charlatanisme que le produit d'un tsprit en délire. Aussi, à diverses époques, ont-elles fait naître les interprétations les plus opposées et les plus absurdes. Il faut convenir toutefois que, dans quelques-unes de ses prophéties, le hasard le servit assez bien pour qu'il ait pu étonner les esprits forts de son temps.

Catherine de Médicis voulut avoir des prédictions de cet astrologue, et le combla de présents et d'honneurs.

Nostradamus mourut à Salun, où l'on crut longtemps qu'au fond de son tombeau il ne cessait pas d'écrire de nouvelles prophéties; ce qui ne manqua pas de produire un très-grand nombre de CeniiDics posthumes dignes de leurs aînées et non moins recherchées d'un public ignorant.

A sa mort, arrivée en 1566, Henri IV était dans sa treizième année.

J'ai VU dans Home, alors ville papale, A mon aïeul couronne et sccplre d'or.

Il les vendit pour nourrir le courage De faux agents, d'écrivains maladroits.

Moi, j'ai pour sceptre un bâton de voyage. Faites l'aumône au dernier de vos rois.

« y on père, âgé, mort en prison pour dettes, l)"un bon métier n'osa point me pourvoir. Je tends la main; riches, partout vous êtes Bien durs aux pauvres, et Dieu me l'a fait voir. Je foule enfin cette plage féconde Qui re[)oussa mes aïeux tant de fois.

Ahî par pitié pour les grandeurs du monde. Faites l'aumône au dernier de vos rois. »

Le sénateur dira : « Viens, je t'emmène Dans mon palais; vis heureux [)armi nous. (Contre les rois nous n'avons plus de haine; Ce qu'il en reste embrasse nos genoux.

En attendant que le Sénat décide, À ses bienfaits si ton sort a des droits, Moi, qui suis né d'un vieux sang régicide. Je fais l'aumône au dernier de nos rois. »

Nostradamus ajoute en son vieux style:

La République au prince accordera Cent louis de rente, et, citoyen utile. Pour maire un jour Saint-Cloud le choisira. Sur l'an deux mil on dira dans l'hisoire Qu'assise au trône et des arts et des lois, - La France, en paix reposant sous sa gloire, A fait l'aumône [bis] au dernier de ses rois.

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