‹ ŒuvresChapitre 164 sur 165 · LES ESCARGOTS · texte numérisé non relu

LES ESCARGOTS

Am : Il n'y a quo Paris, ou : Chantez, dansez, amusez-vous.

Chassé d'un c;îte par liuissier, Je cherchais logis au village; Lorsqu'un colimaçon grossier Me fait les cornes au passage.

Voyez comme ils font les gros clos, Ces beaux messieurs les escargots.

Celui qui me nargue aujourd'hui

Semble dire : Vil prolétaire!

Il n'a pas même un chaume à lui!

L'escargot est propriétaire.

Voyez comme ils font les gros dos,

Ces beaux messieurs les escargots.

Au seuil de son palais nacré, Ce mollusque à bave incongrue Se carre en bourgeois décoré, Tout fier d'avoir pignon sur rue.

Voyez comme ils font les gros dos, Ces beaux messieurs les escargots.

Il n'a point à déménager,

Il n'a point à payer son terme.

Bis.

Ses voisins sont-ils en danfrer, Dans sa maison vile il s'enlcrmc.

Voyez comme ils font les gros dos, Ces beaux messieurs les escargots.

Trop sot pour connaître l'ennui, Il fait son bien de toutes choses, S'engraisse du travail d'autrui, Et saiit le pampre et les roses.

Voyez comme ils font les gros dos.

Ces beaux messieurs les escargots.

En vain tentent de l'émouvoir Des oiseaux 1rs voix les plus belles; Le rustre a peine à concevoir Qu'on ait une voix et des ailes.

Voyez comme ils font les gros dos, Ces beaux messieurs les escargots.

Ce bourgeois a raison, ma foi.

Fi du peu (pie l'esprit rapporte!

Mieux vaut avoir maison a soi :

On met les autres à la porte, Vovez comme ils font les gms dos, Ces beaux messieurs les escargots.

En deux Chambres l'on ma conté One leurs législateurs s'assemblent.

Je le liens pair ou député :

J'en connais tant qui lui ressemblent!

Voyez comme ils font les gros dos, Ces be.iux messieurs les escargots.

DM iu'-;kanu KU. 3«l

De riunpcr prcniinl sa niroii,

Faisons de moi, s'il (>sl jiossihlo,

Un olet'Unir colimaçon,

Un colimaçon élii;ible.

Vovez comme ils font les irros dos, i „.

IJlS.

(]es beaux messieurs les escargots. \

MA GAIETK.

Aiu nouveau (de Fré». Biîh.at) .

Ma gaieté s'en est allée.

Sage ou fou, qui la rendra A ma pauvre àine isolée, L)ieu l'en récompensera.

Tout vient aggraver ma perte :

L'infidèle, en s'évadant, Au chagrin toujours rôdant A laissé ma porte ouverte.

Au lo^is ramenez-la, /

vous tous qu elle consola. ]

Ma gaieté, bonne égrillarde D'un garçon malingre et vieux, Devait me servir de garde.

Devait me fermer les yeux.

De ses traits qui n'a mémoire?

Pour me la voir ramener, Si j'en avais à donner, Je donnerais de la gloire.

Au logis ramenoz-la, Vous tous qu'elle consola.

Je lui dus, vaille que vaille, Ces chants que le prisonnier A tant redits sur sa paille Et le pauvre en son grenier.

La folle, franchissant l'onde, Brave et railleuse à Paris, Allait rendre à nos proscrits L'espérance au bout du monde.

Au logis ramenez-la, Vous tous qu'elle consola.

<f Cessez à de folles têtes

D'inspirer vos désespoirs.

Disait-elle aux grands poètes;

Le génie a ses devoirs.

Ou' il brille au vaisseau qui sombre

Comme un phare bienfaisant.

Je ne suis qu'un ver luisant,

JNIais je rends la nuit moins sombre. »

Au logis ramenez-la,

Vous tous qu'elle consola.

Dd luxe elle avait la haine, Philosophait môme un peu; En petit cercle et sans gêne S'ébattait au coin du feu.

Que son rire avait de charmes!

J'en pleurais épanoui.

Le rire est évanoui; 1\ n'est resté que les larmes.

D1-; Hl'lUANGHK. :{.<.l

Au loi^is ramonoz-l;i, Vous tous (|w'(>ll{' consola.

Kilo exallail la jeunosso,

Les cœurs cliauds, les doux j)onchanls.

Ne comptait dans notre espèce

Oue des fous, point de méchants.

Kn dépit dos sots rigides,

Qu'elle dépouilla de fois

La raison de ses airs froids,

La sagesse de ses rides!

Au logis ramenez-la,

Vous tous qu'elle conso'a.

Mais nous désertons la gloire,

Mais l'or seul nous fait des dieux;

Aux méchants si j'allais croire!

Gciielé, reviens au bon vieux.

Tout sans toi me rend à plaindre.

Las! mon cerveau se transit;

Ma voix meurt, mon feu noircit,

Et ma lampe va s'éteindre.

Au lo2;is ramenez-la, 1 ..

, „ ,1 Bis.

Vous tous qu elle consola.

Page 1