‹ ŒuvresChapitre 33 sur 165 · COUPLETS A UNE DAME DE TRENTE ANS · texte numérisé non relu

COUPLETS A UNE DAME DE TRENTE ANS

QUE l'auteur appelait SA GKAND'mÈRE.

Air : J'étais bon chasseur autrefois.

Au dire du proverbe ancien, L'amitié ne remonte guère.

Bon petit-Gls, je n'en crois rien, Quand je pense à vous, ma grand'mère : Ces titres, quelquefois si doux.

Vous paraîtraient-ils insipides?

Bonne maman, consolez-vous; Vous n'avez point encor de rides.

L'âge a-t-il éteint vos désirs?

Blâmez-vous les tendres chimères?

Censurer les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand'mères.

Les ans font-ils neiger sur nous, A nos yeux tout se décolore.

Bonne maman, consolez-vous; Vous ne blanchissez point encore.

L'amour a peur des grand'mamans; Mais, à prix d'or, combien de vieilles Ont à leurs gages des amants Dont les missives font merveilles !

On sait, pour lire un billet doux.

DE HKRANGER. 71

Quel moyen prennent ces coquettes.

Bonne maman, console/-vous, • Vous lisez cncor sans lunettes.

Quoi ! sans rides, sans cheveux blancs, Et sans lunettes, à votre âge!

Voyons si vos c;enoux tremblants Des ans n'altcslent point l'outrage.

Oui, je vois trembler vos genoux, Que l'Amour tendrement caresse.

Bonne maman, consolez-vous.

Prenez un bâton de vieillesse.

Page 1