SUR UN PRKTENDU PORTRAIT DE MOI
MIS EN TP.TE d'une ÉDITION DE MES CHANSONS '.
Air : Je logo au quatrième étaga.
Petit portrait de fantaisie
Mis en tète de mon recueil,
Penses-tu que par courtoisie
Le monde entier te fasse accueil? (Dis.)
Tu peux te parer, si tu l'oses,
D'un laurier modeste et discret;
Tu peux le couronner de roses :
Non, non, tu n'es pas mon portrait.
Jamais je ne me suis fait peindre :
Mais qui donc représentes-tu?
Peut-être un cafard qui sait feindre Jusqu'au charme de la vertu; Un petit saint pétri de ruse Qu'à Montrouge on encenserait.
La bonne enseigne pour ma Muse!
Non, non, tu n'es pas mon {)ortrait.
1. Ce portrait est le même que celui que j'ai rencontra quelquefois chez les marchands de caricatures. Depuis l'époque où cette chanson fut faite, il a été gravé un portrait de moi d'après M. SchefTer.
Bis.
nn m; u A N r. K it 1-27
Ou sorais-tu r;iiit(Mir liagi(iiio Qui calcula, rima, lima Maint rôlo bi(Mi a('a(k''mi(|ue Qu'en vain a rôchauiïé Talma?
Quoi! parer d'une noble image Mes petits vers de cabaret !
Pour l'alexandrin quel outrage!
Non, non, tu n'es pas mon portrait.
Dans ton masque à mine pincéo Est-ce un vil censeur que je vois, Rat de cave de la pensée Qu'il confisque au profit des rois? J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait:
Tu me tiendras lieu d'estampille, Non, non, tu n'es pas mon portrait.
Mais ta laideur serait la mienne,
Que ta gloire y gagnerait peu.
Crains même qu'un prêtre ne vienne
Saintement te livrer au feu. {Bis.)
Dans l'avenir je devrais vivre.
Que de toi l'on se passerait :
Je suis bien mieux peint dans ce livre. ) „ . , ^ . ^ fin
JNon, non, tu n es pas mon portrait.
LE GREiNlER.
Ani du Carnaval de Mkissonnieh.
Sa viens revoir l'asile oiî ma jeunesse De la misère a subi les leçons.
J'avais vingt ans, une folle maltresse, De francs amis et l'amour des chansons. Bravant le monde, et les sots, et les sages, Sans avenir, riche de mon printemps, Leste et joyeux, je montais six étages. Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans!
C'est un grenier, point ne veux qu'on l'ignore. Là fut mon lit bien chétif et bien dur ; Là fut ma table, et je retrouve encore Trois pieds d'un vers charbonnés sur le mur. Apparaissez, plaisirs de mon bel âge, Que d'un coup d'aile a fustigés le Temps. Vingt fois pour vous j'ai mis ma montre en gage. Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans!
Lisette ici doit surtout apparaître, Vive, jolie, avec un frais chapeau:
Déjà sa main à l'étroite fenêtre Suspend son chàle en guise de rideau.
Sa robe au-si va parer ma couchette; Respecte, Amour, ses plis longs et flottants. J'ai su depuis qui payait sa toilette.
Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans!
Gamier frères Editeurs
Dl'] lU; K A N ( i i; Il 129
A lahli^ un jour, jour dc^ i^i'iindi; liclie^so, Do uios amis les voix biillaicnt (mi clidnir, (hiaud jusqu'ici uionlo un cii d'allô.uresso: A Marcngo Bonaparlo ost vaiiKpKMii!
Le canoti i^roiide, un autre cliaul connuonco , Nous célébrons tant de laits éclatants.
Les rois jamais n'envahiront la France.
Dans un i^renicr ({u'on est bien à vini;l ans!
Quittons ce toit où ma raison s'enivre. Oli! qu'ils sont loin, ces jours si rei^reltés! J'échangerais ce qu'il uie reste à vivre Contre un des mois qu'ici Dieu m'a comptés. Pour rêver gloire, amour, plaisir, folie, Pour dépenser sa vie en peu d'instants, D'un long espoir pour la voir embellie, Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !