‹ ŒuvresChapitre 72 sur 165 · LE CHASSEUR ET LA LAITIERE · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR ET LA LAITIERE

AïK : Je ne vous vois jamais rêveuse (de Ma Tante Aurore).

L'alouette à peine éveillée Chante l'aurore d'un beau jour; Suis le chasseur sous la feuillée.

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L;ii(i(MO ; il [)arl(Ma (l'.mioiir.

Dans la rosée allons, ma chère, Cuoillir [)Oiir loi (leurs du [)rin(emps.

— Non, beau chasseur, je crains ma mère. Je ne veux pas perdre mon temps.

Ta mère et sa chèvre fidèle Sont loin deirière ce coteau.

Écoule une chanson nouvelle Qui vient des dames du chàleau.

Fille qui la peut faire entendre Doit fixer les plus inconstants.

— Chasseur, j'en sais une aussi tendre. Je ne veux pas perdre mon temps.

Pour la dire apprends l'aventure Du spectre d'un baron jaloux, Entraînant à sa sépulture La beauté dont il fut l'époux.

Ce récit, quand la nuit est noire.

Fait frissonner les a^rsistants.

— Chasseur, je connais cette histoire.

Je ne veux pas perdre mon temps.

Je puis l'enseigner des prières Pour cliarmer la fureur des loups, Ou pour conjurer des sorcières L'œil malfaisant tourné vers nous.

Crains qu'une vieille, en sa misère, Ne jette un sort sur ton printemps.

— Chasseur, n'ai-je pas un rosaire?

Je ne veux pas perdre mon temps.

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Eli bien, vois cette croix qui brille; Compte ses rubis précieux.

Sur le sein d'une jeune fiHe Elle attirerait tous les yeux.

Prends-la, malgré ce qu'elle coûte; Mais songe au prix que j'en attends !

— Qu'elle est belle ! Ah ! je vous écoute Ce n'est pas là perdre mon temps.

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