‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 177 sur 189 · LIVRE NEUVIÈME. ^cjS · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. ^cjS

" Lucumons, rois inexorables de rÉtruric. Mëzencc « a voulu réunir par un même lien ceux qui appar- « tiennent à des classes différentes ; il Fa voulu en « vain , et il a été accusé d avoir attaché ensemble « les vivants et les morts. Sylvain , qui est le Typhon « italique, rôde sans cesse autour de nos habita- " tions, attiré par le vagissement des nouveau - nés. « Pour calmer sa faim dévorante, on lui donne les « enfants issus d'unions contractées sans la solen- « nité des augures. Vous m'avez parlé du grand «Ulysse, héros plébéien, qui en ce moment subil " des épreuves au-dessus de ses facultés primitives. «Il n'y résistera point, puisquil n'a pu conserver « dans ses mains l'outre de l'éternité , puisque lui- « même s'est déclaré client d'un cyclope. Il est vrai « qu'il a tué le cyclope; mais ce meurtre n'effacera « ni la tache de sa naissance obscure, ni celle dont « il a consenti d'être marqué. Galypso a ébranlé sa « force , Circé l'a fait chanceler ; Halé , magicienne « d'Étrurie, lui portera le dernier coup; il mourra « sans avoir accompli sa transformation , c'est-à- « dire sans pouvoir se dépouiller de sa nature dou- « teuse. Le lit-fundùs, qu'il croyait avoir conservé «sur le rocher d Ithaque, est convoité par toutes « les classes civiles de son aride royaume ; et ces « classes, selon qu'elles seront plus ou moins avan- « cées dans la carrière de l'initiation sociale, fini-

il)/; OIUMIKE.

« ront |)(Mit-«''Ire j);u* v;uii< ro la |)ii(li(|ii(' irsistaïuc «< lie I Cpoiisc cl('laiss(''c. Des oracles disent (jiie Tau .f doit naître de la matrone lial)ile dans larL des tis- X sus. Thamyiis, ce nom de Pan\ si je pénétre bien « le sens de l'oracle, a une si;;nification (|iii se ra|)- « porte à rcnscmble des classes de la cité. Enfin, "Thamyris, il aura été peu profitahle à Ulysse de « 6 être emparé j)ar ruse du bouclier (VAjax, de ce " bouclier qui était nnepcnèse. Enée fjue vous m'an- « nonce/, de la part des prêtres de ll'fjypte, Vaivc *( sera-t-il plus heureux? lui sera-t-il donné de con- « quérir légitimement le bouclier de la genèse? »

Puis continuant son discours, « Thamyris, dit-il , « vous avez pu lemanjuer sept collines ([ui sélè- « vent sur ce sol ])rophéti(jue. Elles seront un jour « réunies dans une même enceinte. Sur une de ces '< collines se trouvent sept tertres qui figurent se])t " petites collines; elles sont le hiéroglyphe des vé- « ri tables collines, et elles portent chacune l'cm- « preinte sacrée et indestructible dun ordie de « choses différent. Un devin d'Atys-Janus a com- « posé le thème fatal de ces collines hiéroglyphi- « ques, symboles de la ville éternelle. Le prêtre-serl" «d'Aricie, ce prêtre parvenu au sacerdoce par le « meurtre du serf qui desservit avant lui les autels « de Diane farouche, comme à son tour il périia " par les mains d'un autre serf, de celui qui, à ce

Page 1