‹ ŒuvresChapitre 117 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ment, qui est l'anneau unique où s'attachent toutes les innombrables traditions. Les fêtes séculaires, les jubilés, les calendriers, portent l'empreinte de cette pensée identique et universelle. Boulanger, toujours préoccupé de sa plainte amère, n'avait recueilli de ses savantes recherches que les plus tristes résultats. C'est ainsi que le despotisme oriental avait été pour lui une imitation funeste de ce destin de fer qu'il voyait, par-tout et dans tous les temps, peser sur la race humaine , sans qu'il pût concevoir un espoir d'amélioration. Les rois étant les représentants de Dieu , et l'image de Dieu n'étant qu'une image de terreur aveugle, il fallait armer la majesté royale d'une terreur aveugle et silencieuse. Toutes les volontés devaient être brisées, et toute liberté morale anéantie. Telles sont les fâcheuses directions d'un esprit inquiet , qui n'avait pu voir que le côté malheureux des destinées humaines. Ses égarements tiennent à une seule cause : l'oubli du dogme un et identique, sans lequel toutes les traditions générales sont inexplicables.

Boulanger, au reste, a fort bien compris que les usages de l'antiquité ont besoin d'être scrutés à-la-fois dans leur forme extérieure, et dans leur essence même , et non dans l'application que chaque peuple en a faite. G est ainsi qu'un mot, passé d'une langue antérieure dans celle qui lui a succédé, souvent est,

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